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LES OISEAUX.
sur les rochers à l’entrée de leur demeure, et leur nombre est si considérable,que quelquefois une chaîne de montagnes en est parsemée dans toute son éten-due ; puis ils prennent leur vol, et disparaissent dans les airs ; alors si un chasseurtue quelque grosse pièce de gibier, et si, ne pouvant l’emporter, il l’abandonneun instant, il ne la retrouve plus; mais il rencontre une bande de Vautours ala place où il l’avait laissée, et où il n’y en avait pas un seul, à dix lieues à lala ronde, vingt minutes auparavant. C’est ce qui arriva au célèbre naturalisteFrançois Levaillant , dont je vous entretiendrai bientôt : il venait de tuer troisZèbres, et pour les emporter, il avait couru chercher un chariot à son camp, quin’était éloigné que d'une petite lieue; à son retour il ne trouva plus que les os-sements des Zèbres, sur lesquels s’acharnaient encore des centaines de Vau-tours. Un jour, il tua une Gazelle, la laissa étendue sur le sable, et se tint cachédans des buissons. 11 vint d’abord des Corbeaux, qui voltigèrent au dessus de laGazelle en croassant : six minutes après, parurent des Milans et des Buses; puis,presque aussitôt, en levant les yeux, Levaillant vit à une immense hauteur desOiseaux qui descendaient en traçant des spirales, et semblaient sortir de la voûtedu ciel. Ils s’abattirent sur la Gazelle, et bientôt il en arriva des centaines :un coup de fusil les mit en fuite, et ils disparurent tous comme ils étaient ve-nus. — Ainsi les petits Oiseaux de proie avaient les premiers donné l’éveil à desRapaces de moyenne taille; ceux-ci, à leur tour, avaient averti les brigands d’unordre supérieur, et tous trouvaient leur compte à ces communications, plus ra-pides que nos dépêches télégraphiques. La proie étant dépecée par les Vau-tours, les Milans pouvaient en attraper quelques morceaux, et les menus frag-ments laissés sur la carcasse de la victime étaient de précieux reliefs pour lesCorbeaux qui avaient servi d’éclaireurs. Les Vautours eux-mêmes profitent de ladesserte du Lion et du Tigre . Lorsque l’un de ces terribles Chats dévore sa proie,les Vautours se tiennent dans le voisinage, et attendent respectueusement qu’ilait terminé son repas ; puis, quand il s’est éloigné, ils vont nettoyer les os quele Mammifère a dédaignés.
L ’Oricou, ainsi que les autres Vautours, construit son nid sur des rochersinaccessibles : c’est une aire vaste, que protège extérieurement un talus de bû-chettes liées par un mastic; l’intérieur est garni de paille et de foin. Les Vau-tours ne pondent ordinairement que deux œufs ; les petits sont nourris avec deschairs corrompues que leurs parents ont amassées dans leur jabot ; ceux-ci ne lesdégorgent pas dans le bec des jeunes, mais ils les jettent devant eux, et les invitentà s’en repaître par un cri particulier : au reste, ces observations sont fort dif-ficiles et toujours périlleuses, car les aires des Vautours sont placées dans descreux de rochers inaccessibles; celui qui s’en approche est repoussé par uneodeur infecte, et si son pied vient à glisser sur ces roches plates, dont la surfaceest couverte de fientes à demi liquides, il risque de tomber dans des précipicesaffreux.
Le genre des Sarcoramphes appartient aussi à la tribu des Vautours. Vous enpouvez voir dans le Condor les caractères distinctifs : c’est une crête charnue,surmontant la cire de la base du bec; en outre, les narines sont ovales et s’ou-vrent en long; la troisième remige est très-longue; les ongles sont presqueobtus,.relui qui est en arriére est le plus court.