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Deuxieme partie.
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se conleiilaienl île planer au-dessus. Mais les fauconniers venaieni sous 1 arbreou s’élait réfugiée la Corneille, et, par leurs cris, la forçaient de déserter sonasile. Elle tentait encore toutes les ressources de la vitesse et de la ruse, maisle plus souvent elle demeurait au pouvoir de ses ennemis.

Le vol de la l'ie est aussi vif que celui de la Corneille : il ne se fait pointde poing en fort , c'est-à-dire que le Faucon n'attaque pas, en parlantdu poing .ordinairement on le jette à mont, parce qu'on attaque la l'ie lorsqu’elle est dansun arbre. Les Faucons étant jetés, et élevés à une certaine hauteur, sont guiilé-par la voix du fauconnier et les mouvements du leurre; lorsqu'on les juge aportée d’attaquer, on se hâte de faire partir la l'ie. qui cherche à fuir d’arln*en arbre. Souvent elle est prise au moment du passage; mais quand le FauconI a manquée, on a beaucoup de peine à la faire partir de l’arbre qui lui a servide reluge; sa frayeur est telle, qu'elle se laisse prendre par le chasseur, plutôtque de s’exposer à la terrible descente du Faucon .

Lorsqu'il s’agit du vol pour champ ou pour rivière, c’est-à-dire de la chasse dela l’erdrix et du Faisan, ou du Canard sauvage, on emploie la même manœuvre : ,

on jette à mont le Faucon , c’est-à-dire qu’on le lance dans les airs avant (pie legibier soit levé, et lorsque le Rapace plane, le fauconnier, aidé d’un chien, faitpartir le Faisan ou la Perdrix, sur lequel l’Oiseau descend. Pour le Canard, oumet à mont jusqu’à trois Faucons, puis on fait lever le Canard; et lorsque lapeur qu’il a des Faucons l’a rendu dans l’eau, des chiens se jettent à la nagepour le forcer à reprendre son vol.

Nous ne pousserons pas plus loin ces détails de vénerie, qui vous ont peut-être semblé fastidieux, madame, mais que votre ’ isaïeule aurait certaine-ment écoutés avec un vif intérêt. Le vol du Faucon était en effet la chasse favoritedes dames. Ce plaisir élégant devrait encore animer la vie de château ; adorateursdu moyen âge et de la renaissance, nous nous imaginons qu’il suffit, pour re-produire la poésie de ces temps antiques, de nous entourer de meubles histo-riés, de porter une barbe en pointe, de donner à nos cheveux une coupe cléri-cale, et de serrer notre poitrine d’homme dans un étroit justaucorps; ce quenous devrions emprunter à cette époque, ce sont les passions énergiques, lesdévouements inaltérables, les haines vigoureuses, les études fortes, la foi ro-buste, l’insouciance du positif, le culte des dames et la chasse à l’Oiseau.

Ce n’est pas seulement en Europe que l’on cultivait la F'auconnerie : ellellorissail et florit encore chez les peuples de l’Asie et de l’Afrique septentrionale.Là, toutefois, comme chez nous, ce plaisir n’appartient qu’aux gens riches. LesPersans et les habitants du Mogol poussent même plus loin que nous l’éducationdu Faucon ; ils le dressent à voler sur toutes sortes de proie, et pour cela ils pren-nent des Grues et d’autres Oiseaux qu’ils laissent aller, après leur avoir cousules yeux : aussitôt ils font voler le Faucon , qui les ’ fort aisément. 11 y ades Faucons pour la chasse du Daim et de la Gazelle, qu'ils instruisent, dit levoyageur Thévenot, d’une manière très-ingénieuse. « Ils ont des Gazelles em-paillées, sur le nez desquelles ils donnent toujours à manger à ces Faucons , etjamais ailleurs. Après qu'ils les ont ainsi élevés, ils les mènent à la campagne,et, lorsqu’ils ont découvert une Gazelle, ils lâchent deux de ces Oiseaux, dontl’un va fondre sur le nez de la Gazelle, et s’y cramponne avec ses griffes