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faisaient leur prise d'un seul coup d'aile. Ce genre de chasse faligue moins l'Oi-seau, et lui permet de prendre une plus grande quantité de gibier : aussi lachasse à l’Autour était-elle plus fructueuse, mais moins noble et moins variéeque le vol du Faucon .
Delon dit que les autoursiers préféraient l'Autour de la Orèceàcelui des Alpes ;ils l’employaient à la basse volerie, qui comprend, outre les Perdrix, Oies elCanards sauvages, le Lièvre et le Lapin; ils l’élevaient en le nourrissant à lamain avec de la chair de volaille, et en lui apprenant à venir sur le poing, aumoyen d’un leurre formé d’une paire d’ailes, et appelé tiroir. Ils l'exposaienttous les matins au soleil, et ne le faisaient chasser qu’aux heures où la chaleur estmodérée. Pour la chasse aux Canards ou aux Lapins , ils l’y dressaient avec desCanards ou des Lapins domestiques, puis le conduisaient dans des garennes etsur le bord des étangs ; mais ils se gardaient bien de lui faire connaître lesPigeons et les Poules , car cette chasse étant la plus aisée, il aurait bientôt dé-vasté les basses-cours et les colombiers.
L’Autoor a queue rousse ( Falco borealis, de Linné) habite toute l’Amé-rique septentrionale ; sa longueur est d'un pied huit ponces ; son envergureapproche de quatre pieds; le plumage est brun en dessus, blanc en dessous;la queue est d’un ronge ferrugineux et porte vers son sommet une bande trans-versale noire. Cet Oiseau émigre vers le sud, aux approches de la saison rigou-reuse ; les Oiseaux et les petits Mammifères lui servent de pâture. Son vol esttrès-haut ; on le voit raser la cime des cyprès et des magnolias, sans agiter sesailes, et incliner la tête à droite et à gauche pour voir ce qui est au-dessous delui ; ce vol est accompagné d’un cri triste e ’ gé qui s’entend au loin : c’estun kaa, prononcé pendant trois minutes sans aucune inflexion ni modulation, etdont le but très-probable est de mettre en émoi tous les êtres vivants d’alentour,pour les faire lever, et fondre dessus. Quand une proie a frappé sa vue, il s’arrêtebrusquement comme un cheval au galop dont on serre tout à coup la bride : ilsemble noter la place avec exactitude, puis il va se percher sur l’arbre le plusvoisin; alors il se retourne, regarde fixement sa victime, et presque aussitôt s’é-lance sur elle avec tant de vitesse et de précision, qu’il la manque rarement. S’il netrouve rien dans les champs, il se perche sur l’arbre le plus élevé de la forêt, etpromène au loin ses regards : un gentil et leste Ecureuil vient de saisir une noix,il la roule joyeux entre ses pattes, et se dispose à la croquer, quand tout à couptombe sur lui l’Autour à queue rousse, qui le saisit, l’étrangle, lui perce la tête,le dévore sur place, ou l’emporte sur la branche qu’il vient de quitter. Il fré-quente aussi les fermes et rend aux poulets îles visites meurtrières, qui lui ontfait donner à la Louisiane le nom de grand mangeur de poules.
Les Eperviers sont des Autours dont les tarses ont plus de hauteur que dansles Autours proprement dits. C’est le seul caractère qui les sépare : aussi plu-sieurs auteurs les réunissent dans un même genre, qui se distingue des précé-dents par le rétrécissement de la tête, le bec courbé dès sa base, les pieds allon-gés, les ailes courtes, relativement à la queue, et la courbure de l’épine dudos, qui les fait paraître comme bossus.—Les Eperviers, ainsi que les Autours,nichent sur les arbres ; on les voit quelquefois chasser en famille, composéedu père, de la mère et des fils.