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Deuxieme partie.
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I.LS OIS 1.A r \.

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Ii; long du rivage, \il gauler eu l'air celui <|ui portait tout son avoir; il lui fallutfuir précipitamment devant les boulets de l'escadre anglaise, qui venaient la-bourer à ses pieds le sable de la grève. Son fusil de citasse, l'habit léger qu'ilportait et une somme de dix ducats composaient désormais toute sa fortune.Mais il s’était fait des amis dans la colonie par ses manières franches et ou-vertes, et sa détresse ne fut que momentanée. Le colon Slaber l'accueillit chezlui; le fiscal de la colonie, Hoërs vint l'y chercher, le ramena au Cap, et bientôtLevaillant, comblé de bienfaits par cet homme généreux et les principauxcolons, put commencer le grand voyage qu'il méditait. Le IS octobre 1781,environ neuf mois après son arrivée, il partit du Cap pour l'intérieur de l'Afri-que en se dirigeant vers l'est. « Ce fut alors, dit-il, qu’enlièrement livré à moi-mème, je rentrai dans l’état primitif de l'honnne, et respirai [tour la premièrefois l'air pur et délicieux de la liberté. » Son cortège était considérable : degrands chariots, de nombreux attelages, des armes, une meute de chiens, unetroupe de Hottentots pour le servir, des troupeaux destinés à nourrir tout sonmonde, lui formaient un immense attirail. Levaillant, qui, malgré sa jeunesse,connaissait le cœur humain, avait établi dans sa petite armée une disciplinesévère; chacun avait son poste et ses attributions spéciales, et tous voyaientdans Levaillant un monarque absolu : c’était, en effet, l’Alexandre de l'hisloirenaturelle, marchant à la conquête du Itègne animal, à travers les immenses soli-tudes de l’Afrique . Son costume pittoresque, son chapeau ombragé d'un pa-nache de plumes d'autruche, son fusil toujours sûr de ses coups, et qu’il nequittait jamais, le drapeau qu'il faisait planter devant sa lente comme signe decommandement, sa fermeté prudente, son esprit ingénieux et fécond en res-sources, le dévouement aveugle de ses Hottentots, tout était propre à imposerle respect aux peuplades qu’il trouvait sur son passage.

Dans cette première expédition, il longea la côte orientale de l’Afrique , etrevint au Cap après seize mois d'absence. Au lieu de s’y reposer, il s’occupasans relâche des préparatifs d’une seconde expédition. Le 15 juin 1785, il seremit en route avec une caravane plus nombreuse que la première : elle secomposait de dix-neuf Hottentots, treize chiens, trois chevaux et cinquante-deuxbêtes à cornes. Tout son matériel était contenu dans trois grands chariots. Le-vaillant avait entrepris, dans ce deuxième voyage, de traverser l’Afrique du sudau nord; mais bientôt il rencontra des obstacles insurmontables : l'aridité dusol et le manque d’eau tirent périr la moitié de ses bêtes de charge; il se vilforcé d’abandonner une partie de ses équipages, sur la rive gauche de l’Orange,et, suivi seulement de quelques-uns de ses plus fidèles Hottentots, il alla explo-rer des contrées plus accessibles.

Lu s’avançant dans ces pays inconnus, il prit successivement pour guides lesnaturels de chaque horde, dont il gagnait l'estime et l’amitié par sa franchise,son audace, sa prudence, et surtout par des présents distribués à propos. Le futainsi qu’il parvint de proche en proche jusque sur le territoire des Roschïs-mans, qui étaient la terreur des peiqdades voisines, et dont il se concilia bientôtl'affection. 11 espéra réaliser par leur secours le projet gigantesque qu'il avaitconçu de traverser diamétralement l'Afrique ; mais il dut bientôt renoncera«es espérances. Il pénétra avec eux jusque par delà le tropique du Laprirnrnr