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Deuxieme partie.
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u trois rcnts lieues du Cap, puis il regagna son camp sur les bords de la rivièred’Orange, et se remit en route pour le Cap, où il arriva après des fatigues, desprivations et des dangers de toute espèce. Son absence avait duré seize mois.En 178J, il partit du Cap et revint en France avec ses richesses zoologiques:là il s'occupa de la publication de ses deux voyages et de l'arrangement, de sescollections. Le récit de ses aventures offre tout l’intérêt d’un roman. Ses grandeschasses, dignes des héros d'Homère , où il a pour gibier les K’ ‘ s, lesCirafes, l’Hippopotame et le Ilhinoréros ; les paisibles veillées du bivouac in-terrompues par la visite nocturne du redoutable Lion , qui vient, rôder autourdu camp, et, quoique silencieux et invisible, jette une terreur instinctive parmitous les animaux delà caravane; les réceptions hospitalières faites à l.evaillanlpar les bordes sauvages qu'il vient visiter ; les détails de mœurs qui nous fouiconnaître les bons Hottentots ; les incidents variés de la vie nomade, les souf-frances et les périls du voyage, tout attache vivement, le lecteur. Vous sympa-thisez avec l'infortuné naturaliste, que dévoré la soif, et qui, étendu sur laterre, attend avec une ardente inquiétude l'orage bienfaisant dont ses Hotten-tots lui annoncent successivement les signes précurseurs; vous vous sentezrafraîchi comme lui par ces larges et abondantes gouttes de pluie, auxquellesil présente avidement sa poitrine embrasée; vous partagez son découragement,ses espérances, son allégresse, lorsque après de longues journées de marchedans les sables arides, il voit paraître une herbe courte et line, indice du voi-sinage des eaux, et que bientôt après se font entendre les lointains mugisse-ments des flots de la Grande Rivière, vers laquelle hommes, chevaux, bœufs,chèvres, moutons, tout à l’heure épuisés de fatigue, galopent à l'envi pour s’yplonger avec délices. L’intérêt de celte relation est si vif, que des envieux ontmis en doute la véracité de l’auteur: le voyageur Bamnv a accusé Levaillanld'avoir inventé des noms de peuplades qui n’avaient jamais existé ! mais lemissionnaire Campbell, moins sceptique ou peut-être moins jaloux que Barrowet Lichtenstein, a reconnu l’exactitude de Levaillanl en tout ce qui concerneles mœurs et les usages des Hottentots.

Quanta ses collections, qui formaient presque sa seule richesse \car son expé-dition l’avait plus qu’à demi ruiné , il les offrit au gouvernement, mais les em-barras de la révolution en retardèrent l’achat; pendant qn'il rédigeait ses ou-vrages, il fut emprisonné comme suspect, et ne dut la vie qu’à la réaction du Pthermidor. Enfin une partie de sa collection fut achetée par le gouvernementqui la paya en livres duplicata des bibliothèques nationales : le reste fut venduà l’ornithologiste Temminck , et passa en Hollande. Ce résultat malheureux detant de fatigues, de travaux et de sacrifices blessa profondément l’âme de Le-vaillant, et le ton général de ses ouvrages s’en est ressenti ; on y reconnaît unhomme qui sent sa valeur, et qui s’indigne d’avoir été méconnu. Il mourut en1824, âgé de soixante et onze ans, dans une petite terre qu’il possédait à laNoue, près de Sézanne.

Outre la relation de ses deux voyages, il a publié douze volumes in-folio surles Oiseaux de l’Afrique, de l’Amérique et des Indes . Cet immense travail, quiassure à son auteur l’immortalité, ne brille pas par le style ; Levaillanl était peuhabitué à écrire, cl ce furent Casimir Varon cl Legrand d’Aussv qui rédigèrent