I.KS OISEUX.
ON
ses murages; mais il ne Tant donner à celte coopération qu’une importancegrammaticale : tontes les idées et même les expressions appartiennent à Le-vailiant comme le prouvent ses correspondances particulières, où se retrouventles mêmes pensées que dans ses livres, exprimées de la même manière. Aureste, si la forme en est souvent incorrecte et quelquefois un peu déclamatoire,le fond est très-remarquable au point de vue de l'histoire naturelle; on y ad-mire l’observation sagace des mœurs des Oiseaux, la description exacte deleurs caractères extérieurs, une détermination judicieuse des espèces, et desartifices de chasse d’une merveilleuse subtilité : joignez à cela les belles plan-ches du dessinateur Barraband, et vous verrez dans l’œuvre ornithologique deLevaillant un monument qui doit vivre autant que la science.
Nous vous avons déjà parlé des caractères négatifs qui distinguent les Passe-reaux; ils ne sont ni Rapaces, ni Nageurs, ni Echassiers, ni Grimpeurs; ilsvivent, pour la plupart, de grains, de fruits, d’insectes. Les Granivores ont lebec gros et conique; les Insectivores l’ont allongé pour happer la proie vivante;il y en a même dont le bec est assez puissant pour attaquer les petits Oiseaux.Les jambes sont courtes ou peu longues; les doigts sont ordinairement faibleset au nombre de quatre, dont un en arrière et trois en avant; les deux exté-rieurs sont unis ensemble à leur base; les ongles sont grêles et peu courbes.Leur gésier est musculeux ; plusieurs d’entre eux ont la glotte inférieure très-développée : ce sont les Oiseaux chanteurs.
Les Passereaux forment un ordre très-naturel, en ce que tous les Oiseaux quile composent offrent une grande ressemblance de structure; mais si l’on peutsans peine les séparer des ordres voisins, il n’est pas aussi facile d’établir entreeux des subdivisions bien tranchées, à cause des transitions insensibles ([tuconduisent d’un genre à l’autre. Cuvier les a classés d’après la disposition desdoigts et la forme du bec. Il les a divisés en cinq familles, et, dans la subdivisionde celles-ci, il a su conserver, avec une admirable simplicité, les grands genresde Linné , que les auteurs ont démembrés sans pitié; imposant à chaque sectionun nom nouveau, et détruisant ainsi le plus précieux avantage de la nomencla-ture linnéenne, qui est de réunir un grand nombre d’espèces sous un mêmenom générique. Nous mettrons à profit cette économie de langage, si favorableà la mnémonique, que Linné a transmise à Cuvier, et que ce dernier regardaitcomme une des plus heureuses inventions du réformateur de la science.
Famille des Passereaux De.ntirostres. — La première famille desPassereaux est celle des Dentiroslres : ce mot signifie bec denté. Le bec, en effet,est écliancré aux deux côtés de la pointe, et cette échancrure, qui produit unesaillie analogue à une dent, donne au bec la faculté de déchirer une proie molle.La plupart des Bentirostres sont Insectivores, mais presque tous mangent aussiles baies et autres fruits tendres. Le genre des Pies-Grièches a le bec robuste,conique ou comprimé, plus ou moins crochu au bout, ce qui les rapproche desRapaces, auxquels les avaient associées plusieurs naturalistes. Les espèces de cegenre sont très-cruelles; elles se nourrissent de proie vivante, se saisissent des grosInsectes, et attaquent les Reptiles, les Mammifères et. les Oiseaux de petite taille.