Band 
Deuxieme partie.
Seite
73
JPEG-Download
 

LES 01SEA 1 V

et se lient sur les bonis îles rivières qui y |>reimenl leur source. Au-dessus dulitécumeux de ces eaux, qui descendent en grondant parmi les blocs de granitvers la plaine où leur cours sera silencieux et paisible, dés bambous laquorus-sus inclinent leurs panaches ondoyants réunis par des guirlandes de lianes:c’est là (pie vous verriez les l'ardalotes voltiger, toujours par couples, de brandieen branche, hoire la rosée contenue dans les feuilles du t'ullansia, et se re-paître de fruits succulents et d’insectes. Mais ces joyeux festins sont bien sou-vent interrompus par un événement tragique : dans les fissures du chaumedesséché d’un bambou se tient en embuscade une monstrueuse Araignée : c’estla Mygale-Crabe, aux longues pattes, aux mandibules vigoureuses, à la morsureempoisonnée. Tandis que les Pardaloles, sans défiance, poursuivent gaiementles Insectes parmi les feuilles, la Mygale , tapie à l’entrée de son trou, arrête aupassage l’un des imprudents convives, lui enfonce dans la gorge ses crochetsvenimeux, et suce avidement son sang, en présence de sa compagne saisie deterreur. Ainsi le Vertébré qui avait immolé à sa faim des centaines d’insectesdevient à son tour la proie d’un Articulé plus puissant que lui : la Providence,dans sa mystérieuse sagesse, a permis cette sanglante compensation.

Les Gobe-Mouches ont le bec a ’ ’’ izontalement, garni de poils à sa baseet crochu à sa pointe; ces poils latéraux sont roules et évidemment destinés àempêcher l’évasion de la proie saisie par l’animal.— Leurs mœurs sont ana-logues à celles des Pies-Grièches : ils ont les yeux grands et clairvoyants, se 'nourrissent principalement d’insectes, mais les plus fortes espèces vivent depetits Oiseaux : c’est à ces dernières que Buffon donnait le nom de Tyrans. —Nous n’en avons en Europe que quatre espèces, dont trois sont de passagedans le midi de la France. — Le G ob e - M oucn f.s grisâtre {Muscicapaqrisola, de Linné) est d’un gris rembruni; le bord des rémiges et des rec-trices est d’un blanc sale, le dessous est blanchâtre avec quelques moucheturesgrisâtres sur la poitrine; la longueur totale est de cinq pouces et demi. Cetteespèce prend les Insectes au vol ; elle se tient silencieuse et solitaire, perchéeau sommet des arbres dans les forêts et les vergers. On la conserve quelquefoisdans les appartements pour y détruire les Mouches.— Le Gobe-Mouches acollier (Muscicapa albicoltis , de Temminck) est une espèce qui peut donnerlieu à des erreurs, à cause des changements que prend le plumage du mâle dansla saison des œufs : pendant l’hiver, il est, comme la femelle, gris avec une bandeblanche sur l’aile ; mais en été, le bec, les pieds, la tête, le dos, les ailes et laqueue sont noirs, et de ce noir se détache un blanc de neige, figurant un demi-collier sur le dessus du col, occupant en outre le front, tout le dessous ducorps, le bord extérieur de la queue, enfin formant une grande tache surl’aile et une plus petite en avant. Cet Oiseau fait son nid, comme l’espèce pré-cédente, dans un trou d’arbre, et le compose de mousse et de poils d’animaux;il fréquente l’intérieur des forêts touffues et vastes; se tient perché à la cimedes arbres, et n’en descend que dans les temps pluvieux, pour chercher saproie, qui consiste en Moucherons. — Le mâle jette un cri plaintif ; dans lasaison des œufs son ramage devient assez agréable et ressemble à celui duBouge,-Gorge. — Le Gouk-Moucfi es Bec-Figue 1 Muscicapa htclnusa, deTemminck est sujet aux mêmes variations chez le mâle, mais la inique est noire