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Deuxieme partie.
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plaisirs et a leurs peines, et se surprenait souvent à leur adresser des conseils,comme s’ils.eussent pu comprendre ses paroles. Pendant l’incubation, la femellesentit ([u’elle allait pondre de nouveaux oui fs... Que faire de ces enfants surnumé-raires, pour qui il n’y avait plus de place dans le logis maternel? Comment d’ail-leurs pouvoir à la fois couver ceux-là, et aller chercher de la pâture pour leursfrères, éclos avant eux? Jamais l’odieux droit d’aînesse ne fut plus exigeant, niplus légitime peut-être, que dans cette douloureuse circonstance. La mère lit-elletoutes ces réflexions? Dieu seul le sait : ce qu'il y a de vrai, c’est que chacun deces œufs fut pondu hors du nid et à terre ; la femelle appela son compagnon, tousdeux brisèrent l’œuf à coups de bec, et en mangèrent ensemble le jaune...Le quatorzième jour de l’incubation, les sept frères aînés naquirent, nus etles yeux clos. La mère débarrassa le nid des débris de coquilles à mesureipie les petits venaient à éclore, et vers le soir seulement elle leur donna àmanger. Le lendemain, le père et la mère allèrent ensemble à la provision; letroisième jour, un duvet blanchâtre couvrit le dessus de la tête, les ailes, ledos et la croupe des petits, et leurs yeux s’entr’ouvrirent ; le jour suivant, lesyeux étaient entièrement ouverts; le cinquième jour, les pennes commencèrenta sortir d’une ligne ou deux, ainsi (pie les plumes de la croupe et des lianes;dès lors les petits devinrent affamés, et les parents redoublèrent d’activité. Lesixième jour, Levaillant s’établit près du nid dès le lever du soleil, et y restajusqu’au soir : de sept heures du matin à dix heures, le père et la mère allèrentcinquante-trois fois à la provision, qui consistait en Chenilles vertes, en Arai-gnées et en œufs de Fourmis . De dix heures à midi, il y eut dix-neuf voyages;depuis trois heures jusqu’au coucher du soleil, il y en eut soixante-six. Le hui-tième jour, tout le corps était garni de plumes, excepté le bas-ventre; pendantles trois jours suivants, les jeunes exigèrent tant de nourriture, que leurs pa-rents furent constamment en course pour les contenter, et dans la onzièmejournée, les pauvres bêtes firent deux cent seize voyages. Le quinzième jour,Levaillant, à sa visite du malin, trouva que trois jeunes étaient hors du nid;les quatre autres en sortirent bientôt successivement, excités par la faim et parla voix de leurs parents, qui s’étaient abstenus d’entrer pour leur donner labecquée. A midi, le nid était vide, et fut pour toujours abandonné; les petitss’établirent dans les haies et sous le feuillage du jardin. Le père et la mèrecontinuèrent pendant plusieurs jours de leur donner à manger : après quoi, ilsformèrent une petite troupe, et vécurent tous ensemble dans l’union la plusparfaite. La vérité historique nous condamne à faire ressortir par un trait biensombre les teintes riantes de ce tableau de bonheur. Représentez-vous un de cescharmants petits Capociers venant de sortir de son nid, sautillant gaiementdans les buissons, et tout à coup saisi par les mâchoires d’un hideux Serpent,qui le guettait sous le feuillage; entendez les cris de détresse de la victime, quiappelle à son secours ses protecteurs naturels, et comprenez, s’il est possible,le désespoir impuissant de la pauvre mère... Ajoutons que cette innocente créa-ture avait déjà, quoique bien jeune encore, privé de leur postérité des centainesd’araignées et de fourmis... O loi mystérieuse des compensations, tu dominesle monde physique aussi bien que le monde moral, et te méditer est le rntn-mencemen! de la sae/esse.