FAMILLE DES l'ASSEKEAliX DF.NTI litJSTD ES
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Le Capocier est un des Oiseaux les plus familiers de l’ordre des Passereaux :les colonsdu Eap 11 e lui font jamais de mal ; aussi entre-t-il hardiment dans leursmaisons; friand de graisse et de suif, il va becqueter sans façon sur les tablesles chandelles et les sauces figées. Quand vient la saison des œufs, il dérobe dansles chambres, sur les lits, dans les corbeilles, du coton et de la filasse pour enfaire les matériaux de son nid, qu’il place de préférence sur un arbrisseaunommé capoc-boschje, et produisant une bourre abondante, dont l’Oiseau sait ti-rer parti : de là son nom de Capocier; le peu d'élévation de cet arbrisseau, etsurtout le caractère confiant de l’Oiseau qui l'habite, ont permis à Levaillantd’observer les mœurs du Capocier, en ce qui concerne la fabrication du nid,l'incubation des œufs et l’éducation des petits. Ce fut le 11 octobre que com-mencèrent les premiers travaux ; le second jour, le fondement du nid était posé :il présentait une masse assez informe de quatre pouces d’épaisseur et de sixpouces de diamètre, consistant en mousse, en filasse et en brins d’herbe. Lafemelle passa tout le jour à piétiner sur ce fond, pour le presser et le consolider;pendant ce temps le mâle allait chercher de nouveaux matériaux, il les appor-tait à sa compagne, et tous deux achevèrent le matelas en tournant sur eux-mêmes, le frottant sans relâche avec leur poitrine, et le battant du rebord deleurs ailes comme avec un bâton. Le troisième jour, les architectes travaillèrentaux parois de l'édilice : l’un, avec son dos, soulevait les bords du matelas pourles redresser en dedans, tandis que l’autre, avec son bec, entrelaçait de cotonles bords relevés, et les fixait au buisson, dont les branches servaient ainsi decharpente, mais ne faisaient point saillie dans le nid; ces travaux, qui durèrentsix jours, furent accompagnés de tendres caresses, de joyeux battements d’aile,de mille petits cris d’encouragement et de félicitation, que s’adressaient lesdeux époux pour s’excitera l’ouvrage. Le septième jour, le fond du nid étaittapissé d’un moelleux drap de coton, si habilement tissu, qu'il eût été impossibled’en détacher une particule de duvet, sans le déchirer. A la tin de la septièmejournée, il y avait un œuf dans le nid; le huitième jour, un second fut pondu; lelendemain, un troisième; le lendemain, rien ; le onzième jour, il y en eut deuxde plus ; le lendemain, un autre, et le septième œuf, qui fut le dernier, fut dé-posé le treizième jour. Fendant la bâtisse et la ponte, dans les intervalles de leurstravaux, l’un des deux se tenait aux environs du nid, surveillant sa propriété, etaccourant à chaque visite importune, ou à l’approche de quelques autres Oiseaux,qui se seraient volontiers installés dans le domicile tout préparé de nos laborieuxartisans : ces usurpations ne sont pas rares chez les Oiseaux ; et, sans l’interventionde Levaillant, un couple de Mésanges , animaux plus forts que lesCapociers, auraitpeut-être réussi à les déposséder de leur nid. La femelle couva ses œufs avecune constance admirable; quand le besoin d’aliments on d'exercice devenaittrop impérieux, elle appelait son compagnon, qui venait aussitôt la remplacer;mais cette substitution ne durait pas longtemps : au bout de vingt minutes, la fe-melle revenait à son poste, et renvoyait le mâle qui, perché sur un buisson voisin,lui chantait un frit-frit-frii, friimi ntiii, plein de douceur et de gaieté. Lorsqu'unEhien ou un étranger s’approchait, le mâle jetait un cri perçant, et le coupleprenait la fuite, mais bientôt la mère retournait au nid. Levaillant seul neleur causait aucune crainte : c’était l'ami de la maison; il prenait part à leursm 12
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