Band 
Deuxieme partie.
Seite
117
JPEG-Download
 

L i; S OISEAUX.

11 <>

argenté. Ce magnifique Oiseau se montre toute l'année, mais il parait pluscommun d’octobre à mars, dans la saison des pluies, cpii est aussi celle de lafructification des arbustes dont les baies font sa nourriture; d’avril à septem-bre, il habite les bananiers qui bordent les rivières dans l’intérieur du Ilrésil.

Les Sucriers ou Guhguils sont des espèces qui n’ont pas la queue usée et negrimpent point, mais que leur bec range dans la section des Grimpereaux;tous appartiennent à l’Amérique , recherchent, le nectar des Ileurs et sont très-friands d’insectes. — Les Soui-Mangus n’ont pas non plus la queue usée; leurbec, long et très-grêle, a le bord de ses deux mandibules finement dentelé enscie; la langue, qui peut, s’allonger hors du bec, est terminée en fourche; ilsvivent sur les Ileurs dont ils pompent le miel ; c’est de là que leur vient le nomde Soui-Mangn, qui signifie, en langue madécasse, mangeur de sucre. Ces petitsOiseaux, dont le plumage brille des couleurs métalliques les plus éclatantes,appartiennent à l’ancien continent, et y représentent les Colibris; leur naturelest gai et leur chant agréable.

Les Colibris appartiennent tous à l’Amérique et habitent, sans la dépasser, lazone intertropicale. Leur bec est long, grêle et renferme une langue qui s’allongecomme celle des Pics, et se divise en deux filets, servant à l’Oiseau de siphonpour pomper le nectar des fleurs; ils se nourrissent surtout d’insectes; leurs piedstrès-courts sont impropres à la marche, mais les organes du vol compensent com-plètement chez eux l’absence de celle faculté, qui leur serait inutile. Ces Oiseaux,les plus petits de leur classe, sont aussi ceux que la nature a parés des plusbrillantes couleurs; chacune de leurs plumes est pourvue d’une prodigieusequantité de barbules, véritables réflecteurs qui, suivant l’angle d’incidencesous lequel tombe la lumière, décomposent ce fluide, et réfléchissent de lamanière la plus variée les rayons colorés qu’ils n’ont pas absorbés. Les Péru-viens leur donnaient le nom de Cheveux du soleil, et faisaient avec leurs plumesdes tableaux d'un éclat éblouissant. Leur caractère est peu sauvage, iis se lais-sent approcher de très-près, mais ils partent comme un Irait lorsqu’on veut lessaisir; irascibles en proportion de leur petitesse, ils se battent entre eux avecacharnement; s’il s’agit de défendre leur couvée, ils attaquent courageusementdes Oiseaux dix fois plus gros qu'eux, et réussissent quelquefois à les mettreen fuite; mais leur plus terrible ennemi est la Mygale ou Araignée-Crabe, dontnous vous avons déjà parlé au sujet de la Pardalote. Leur nid, tout à la fois déli-cat et solide, est une petite capsule feutrée de soie et de colon, suspendue à unrameau, a une feuille et même souvent à un brin de chaume qui recouvre lescases dans l’Amérique méridionale; il renferme deux œufs blancs, ayant, à peinela grosseur d’un petit pois, et d’où sortent, après une incubation constante dedouze jours, des Oiseaux qui ont le volume d’une mouche ordinaire.

Les Colibris vivent difficilement en captivité; la cage les fait bientôt périrde langueur, en les privant du mouvement qui est une des conditions essen-tielles de leur existence : on peut cependant les conserver pendant quelquesmois, en les nourrissant avec une pâtée très-line, composée de biscuit, de vind'Espagne et de miel, dont ils prennent la substance en passant dessus leurlangue longue et flexible. Un général anglais est parvenu à les alimenter pen-dant quatre mois avec du sirop i acail au fond de fleurs artificielles, imi-