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Deuxieme partie.
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proie, mais en ereusanl l'intérieur de l'arbre a coups de bec, alin d’y nicher.Celle espèce est friande d'Abeilles, de Guêpes, de Fourmis et de Chenilles ; elleest quelquefois frugivore. — Ce Pic-vert (Picus vir'ulis, de Linné), nommé vulgai-rement Pivert, est un de nos plus beaux Oiseaux d’Europe . Sa taille est de douzepouces et demi, à peu près celled’une Tourterelle ; il est vert en dessus, blanchâtreen dessous, la calotte est rouge et la croupe jaune; la femelle a peu de rouge, latète et les moustaches noires. Le Pic-vert habite les forêts peu épaisses, et surtoutles bols de hêtres et d’ormes. Son vol est par élans et par bonds ; il plonge, serelève et trace en l’air des arcs ondulés, ce qui ne l’empêche pas de s’y soutenirassez longtemps, car il franchit d’assez grands intervalles de terres découvertespour passer d’une forêt à l’autre. Il annonce son arrivée par un cri dur etaigre, liacncnn, tiacacan; il a de plus que ce cri un chant d’appel qui ressembleà un éclat de rire, tiô, lïô, tiô, tiô, et qu’il répète jusqu'à trente et quarantefois de suite; enfin on lui en connaît un autre plaintif et traîné, plieu, plteu,plieu, qui annonce, dit-on, la pluie. Son goût pour les Insectes logés dans lesarbres n’est pas exclusif ; au printemps et en été, il se tient souvent à terre,habitude que n’ont pas les autres Pics européens : c’est pour manger des Four-mis, dont il est très-friand. Quand arrive la saison des œufs, le mâle et la fe-melle choisissent un arbre tendre, rarement un chêne, et travaillent de concertà y creuser un trou oblique et profond pour leur nid. C’est sur un lit de mousseet de laine que la femelle pond quatre à six œufs blancs.—Le Pic-vert doit vousrappeler une des plus aimables fictions de la mythologie ancienne : c’est l'his-toire édifiante de Picus, prince du Latium , époux de la belle Canente, dont lavoix mélodieuse ébranlait les rochers, apprivoisait les bêtes féroces, retardaitle cours des fleuves, et arrêtait les Oiseaux dans leur vol rapide. On pouvaitdire d’elle, aussi bien que d’Orphée :

Sa voix adoucissait les tigres des déserts,

Et les chênes émus s’inclinaient dans les airs.

Un jour que son époux était allé chasser le Sanglier dans les forêts de Lau-rente, il fut rencontré par Circé , fille du Soleil, qui cherchait des plantes véné-neuses pour ses enchantements. A la vue du beau Picus, la farouche magiciennesentit s’amollir son âme, et les herbes malfaisantes tombèrent de ses mains;bientôt, pour arrêter l’objet de son nouvel amour, elle a recours à ses plus puis-sants sortilèges : elle enveloppe de nuages le front de son père, elle fait trem-bler la terre, mugir les ondes, siffler les vents, hurler les mânes sortis de leurstombeaux ; puis, au milieu de ce bouleversement, elle paraît devant Picus, et luipropose d’être le gendre du Soleil. Picus lui répond froidement qu’il veut resterfidèle à Canente. Circé , furieuse, le frappe de sa baguette, et le malheureuxchasseur devient un Oiseau qui conserve encore sur son plumage l’or, la pourpreet le vert brillant de son costume de prince. L’infortunée Canente, ne voyant pasrevenir son époux, le chercha par toute l’Italie , oubliant le sommeil et la nour-riture, et faisant retentir l’air de ses cris douloureux. Elle vint enfin s’asseoirsur les bords du Tibre ; là son corps se dissipa en vapeur, el il ne resla d’elleque sa voix, que l’on nomme encore aujourd'hui l'écho de Canente.