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Deuxieme partie.
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I-.es Oiseaux qui forment cet ordre ont le même régime et la même organi-sation que les Passereaux; ils en diffèrent par leur doigt externe dirigé en ar-rière comme le pouce, et cette disposition des doigts, dont deux sont en avantet deux en arrière, leur permettant de se cramponner plus solidement auxbranches des arbres, la plupart en profitent pour grimper dans toutes les di-rections : de là le nom de Grimpeurs. Mais il ne faut pas [(rendre ce nom à larigueur; car si nous avons vu parmi les Passereaux des Oiseaux qui grimpent,nous allons voir parmi les Grimpeurs des Oiseaux qui ne grimpent pas, telsque le Coucou, par exemple. Yoilà l’inconvénient des noms dont la significa-tion est trop exclusive : un ordre d’animaux désigné par un de ses caractèresphysiologiques se trouve tout à coup disloqué, dès qu’il vient s’y joindre uneespèce nouvelle, dont les allures sont différentes, quoique la structure anato-mique soit exactement la même.

Le genre nombreux des Pics nous occupera d’abord : c’est surtout aux es-pèces, de ce genre que convient la dénomination donnée à l’ordre que nous étu-dions. Les Pics montent perpendiculairement et en décrivant une spirale le longdu tronc et des grosses branches des arbres. Leur queue est composée de dixpennes roides et élastiques, qui les soutiennent en arc-boutant lorsqu’ils grim-pent; ils ont le bec long, droit, anguleux, propre à fendre l’écorce des arbres;la langue est grêle, munie vers le bout d’épines recourbées en arrière, et grâceaux longues cornes de l’os lingual qui la poussent en avant, elle peut s’allon-ger considérablement hors du bec. Leur nourriture consiste surtout en larvesd’insectes coléoptères, appartenant aux genres Lucane et Capricorne, qui vivententre le bois et l’écorce des arbres : ils s’en emparent, soit en frappant avecleur bec sur le tronc, et produisant une secousse qui fait sortir l’Insecte deson trou, soit en enfonçant rapidement leur langue gluante dans les fentes del’écorce. On les voit, après qu’ils ont frappé sur un côté, courir aussitôt versle côté opposé; ce n’est pas, comme le croient bien des gens, pour voir sil’arbre est percé, mais bien pour saisir les Insectes qu’ils ont réveillés et misen mouvement. Buffon pense que le son rendu par la partie du bois qu’ils frap-pent leur fait connaître les endroits creux où se nichent les Vers, ou bien unecavité dans laquelle ils pourront se loger eux-mêmes et disposer leur nid. LesPics sont inquiets, farouches, et presque toujours ils vivent solitaires. Dans lasaison des œufs, ils s’appellent en donnant des coups de bec rapides sur unebranche sècbe. Nous allons vous faire connaître les principales espèces de cegenre intéressant.

Le Guano Pic noir (Picus Dlardus, de Linné ) a dix-sept pouces de lon-gueur, c’est-à-dire presque la taille d’une Corneille; tout son plumage est d’unbeau noir, à l’exception de la tète, qui est entièrement rouge dans le mâle, etseulement vers la nuque dans la femelle. Cet Oiseau vit dans les bois de sapinsdu Nord, qu’il endommage, non-seulement en soulevant l’écorce pour y saisir sa