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On n'en connaît que trois espèces,-dont nue habite notre pays : le Toucoi.n’ Europe i lira* Torijnillii, de Linné ! a six pouces et demi de hauteur, e’esl-a-dirc environ la taille d'une Alouette; il est brun en dessus et marqué de pe-tites ondes noirâtres et de mèrlies longitudinales fauves qui produisent uneffet Irès-agréalde; le dessous est blanchâtre avec des raies transversales noi-râtres; son cri est un sifflement plus ou moins aigu; il vit et émigre solitaire-ment, et cherche sa nourriture plutôt à terre que sur les arbres; c’est surtoutde Fourmis qu’il se repaît; il plonge dans les fourmilières sa langue cylin-drique et glutineuse, et la retire garnie de butin. Son nom générique lui vientd’une habitude singulière : lorsqu'on le s ou qu’il aperçoit quelque ob-
jet nouveau, il tourne le col d’un mouvement lent et sinueux, de manièreque la tète se renverse en tous sens.
Les <Amcom forment un genre dont le caractère est d’avoir le bec médiocre,assez fendu, comprimé, légèrement arqué et la queue longue. Ils sont insecti-vores et voyageurs. Les Coucous proprement dits ont les tarses courts et laqueue composée de dix pennes seulement. Ces Oiseaux sont célèbres par uneparticularité de mœurs qui a longtemps occupé et occupe encore en ce momentles naturalistes : non-seulement ils ne construisent pas de nids pour leurs pe-tits, mais ils déposent leurs œufs dans des nids étrangers, laissant au proprié-taire les soins de l’incubation et de l’éducation de leur progéniture : ils n’endéposent qu'un dans chaque nid, et leur instinct les porte toujours à choisircelui d’un Oiseau insectivore; en outre, l’espèce à laquelle ils accordent celtetriste préférence a des petits bien moins forts que les leurs, et vous compren-drez bientôt quelle est la prévoyance qui les dirige dans leur choix. La causede ce phénomène, presque unique dans l'histoire des Oiseaux, est encore in-connue. Les uns pensent que la femelle agit ainsi pour dérober ses œufs à lavoracité du mâle; les autres prétendent que cela tient â la largeur et à l’épais-seur du sternum, qui, chez le Coucou, se continue depuis la poitrine jusqu’auxjambes, et empêche conséquemment la communication de la chaleur du corpsde la mère, qui est si nécessaire dans l’incubation; peut-être même que la fe-melle écraserait ses œufs dont la coque est très-mince, par la seule pressionde ce même os. D’autres enfin attribuent ce phénomène à la position du gé-sier, qui serait comprimé par l’incubation. Quoi qu’il en soit, la femelle prendson œuf dans son bec, qui est très-large, et, le tenant à demi avalé, elle va ledégorger dans le nid de la Fauvette, de la Lavandière, du Rouge-Gorge, duRossignol, du Bruant, de la Grive ou du Merle ; et ce qu’il y a de plus remar-quable, c’est que la couveuse devient pour ces intrus une mère tendre et infa-tigable. Mais si l’amour maternel l’aveugle au point de lui faire adopter commesiens des étrangers qui se sont introduits dans sa famille, il n’en est pas demême du petit Coucou, qui presque toujours traite en ennemis ceux dont il estle frère illégitime : dès qu’il est éclos, il emploie ses forces naissantes à expul-ser ses commensaux plus faibles que lui : pour y parvenir, il se glisse sousl’un d’eux, le place sur son dos, où il le retient à l’aide de ses ailes écar-tées; ensuite, se traînant â reculons jusqu’au bord du nid, il le jette par-dessus; puis il recommence les mêmes manœuvres jusqu’à ce qu’il ait précipitetous les autres. Il arrive cependant quelquefois qu’il vil en bonne intelligence