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Deuxieme partie.
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LES OISEAUX.

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cris des assaillants, les coups de lusil multipliés, le fracas des liantes branchesbrisées par le poids des malheureux Oiseaux qui s’y précipitent et écrasent leurscompagnons perchés sur les branches inférieures ; tout, dans cet effroyable tu-multe, inspire un sentiment de peine autant que de surprise au naturaliste qui neconsent à détruire que dans le but d’observer. Pendant ce massacre, les Pigeonsarrivent par millions; c’est à minuit seulement que les dernières bandes entrentdans la forêt, mais le carnage dure jusqu’au jour. Dès que les rayons du soleil ontfrappé la cime des arbres, les Pigeons quittent le juchoir, et vont aux vivres, sans«pie leur nombre paraisse sensiblement diminué. En ce moment la scène change :au vacarme de la nuit succèdent les hurlements des Loups , des Renards , desLynx, des Couguards, des Ours, qui accourent prendre leur part du festin quel'homme leur a préparé, et l’on voit arriver des Aigles, des Faucons , suivis delîuseset de Corbeaux, qui viennent aussi profiler de celte nuit de destruction.

Les Colomban forment un genre bien tranché dans la famille des Pigeons ;ils se reconnaissent à leur bec gros, solide, et aplati latéralement : leurs tarsessont courts, leurs pieds larges et bien bordés; on n’en connaît que quelquesespèces, qui toutes appartiennent à la zone torride de l’ancien continent.

Le genre des Colnmbi-gnll'mes établit le passage entre les autres Pigeons etles Gallinacés proprement dits ; elles ont les tarses élevés, cherchent leur nour-riture à terre comme nos Coqs et ne se perchent pas; leur bec est grêle et flexi-ble. Le Coi.ombi-Hocco ou Pigeon couronné ( C.ohunba coroimla, deLinné) habite l'archipel des Indes ; il est tout entier d’un bleu d'ardoise, avecdu marron et du blanc à l’aile; la tète porte une huppe verticale de longuesplumes effilées. Celle espèce est domestique à Java, mais elle n’a pu se natura-liser en Europe .

Famille des Gallinacés. — Nous avons étudié comparativement lescaractères distinctifs des Gallinacés proprement dits, nous allons maintenantvous faire connaître les principaux genres et, les espèces les plus intéressantesde celte famille.

Les Aleciors sont de'grands Gallinacés d’Amérique, analogues à nos Dindons,à queue large et arrondie, composée de pennes grandes et roides : ils viventdans les bois de bourgeons et de fruits, y nichent sur les arbres, se perchent,sont très-sociables, et même disposés à la domesticité. Le genre des lloccos ,qui appartient à cette petite tribu, a pour caractères un bec vigoureux et en-touré à sa base d'une peau où sont percées les narines ; la tête porte une huppedéplumés redressées, longues, étroites, recoquillées au bout.—Le Mitou-1'o-hanga (Crax aleclor, de Linné ) est une espèce dont, la taille est celle du Din-don; le plumage est noir, le bas ventre est blanc, et la cire du bec jaune. GesOiseaux vivent en bandes nombreuses dans les forêts de la Guyane ; leur ca-ractère est doux et confiant, au point que l’on peut en tuer plusieurs même àcoups de fusil, sans qu’ils s’éloignent plus que d’un arbre à l’autre. Ceux aucontraire qui fréquentent les lieux habités par l’homme y deviennent farou-ches, et on ne les rencontre plus réunis en troupes. On peut, du reste, les éle-ver en domesticité, et l’on mange aux colonies la chair des jeunes, qui est blancheet d'un goût exquis. Les Pan.ri ont le bec plus court et plus gros, et la peaude sa base est recouverte de plumes courtes et serrées comme du velours.