LES OIS K A U X
Echassiers cl celui des Palmipèdes : c’est celui des Phéniçopicrcs. Le corps deces Oiseaux est petit, et leurs jambes sont d’u:ie hauteur excessive, ainsi queleur col; les trois doigts de devant sont palmés jusqu'au bout; la tète est petiteet munie d'un bec très-grand; la mandibule inférieure forme un canal demi-cy-lindrique, et la mandibule supérieure, plate et pliée en travers, s'applique exac-tement sur l’autre; les bords des deux mandibules sont garnis de petites lamestransversales très-fines, à peu près comme dans les Canards.—Le I'hénicoi 1 -tkue îles anciens Pliwnicoplenis rnbc.r, de Linné) est répandu dans tout l'an-cien continent an-dessons d une latitude de 10 degrés. Chaque année il en ar-rive des troupes nombreuses sur nos côtes méridionales. Sa taille est de quatrepieds; le plumage est d’un beau rose, avec les ailes et le dos d’un rouge vif;les rémiges noires, le bec jaune et noir au bout, et les pieds bruns. Dans lajeunesse, le corps est blanchâtre, et les ailes seules sont rouges; c’est, cet étalde l'Oiseau qu’exprime le mot phénicoptère, signifiant en grec ailes (le feu. Lesmodernes ont remplacé ce nom par celui de Flammani, ou Flambant , qui enest le synonyme moins harmonieux.—Les Flammants vivent de coquillages,d’insectes et d’oeufs de Poissons , qu’ils pêchent en appuyant sur la terre le dosde leur mandibule supérieure; ils remuent en même temps un de leurs pieds,et poussent dans leur bec, avec le limon, la proie dont ils se nourrissent, et queretiennent les lamelles de ce bec. Ces Oiseaux ne. sont pas moins singuliers parleurs mœurs que par leur organisation : ils vivent toujours en troupes, et cestroupes sont disposées en rangs alignés comme ceux des soldats; cet alignementest observé quand ils pèchent, quand ils se reposent, et même quand ils volent.Lorsqu’ils sont à terre, ils établissent, dit-on, une sentinelle pour veiller à lasûreté du bataillon; si quelque danger approche, l’Oiseau placé en vedettepousse un cri aigu, ressemblant au son de la trompette, et ce signal fait partirtoute la troupe. C’est un spectacle imposant que celui d'une troupe de ces ma-gnifiques Oiseaux, quand ils arrivent en Europe pour y passer l’été. On les voits’approcher en ordre régulier figurant, dans le ciel un triangle de feu. Arrivésau-dessus des plaines marécageuses qui sont le terme de leur migration, leurvol se ralentit, ils planent pendant quelques instants, puis ils tracent dans lesairs une spirale conique, et enfin abordent. Après celte descente majestueuse,la petite armée se range en bataille sur le rivage, la sentinelle est, placée, et lapèche commence. Les Pliénicoptères construisent dans les marais un nid deterre auquel ils donnent la forme d’un cône élevé, tronqué en haut, et mêmeun peu concave; ils y déposent leurs œufs, et, comme leurs longues jambes lesempêcheraient de s’accroupir, ils se mettent à cheval pour couver. — C’est parun fait gastronomique que nous achèverons l’histoire de ces Oiseaux : leur lan-gue est très-charnue et très-grasse; les anciens la regardaient comme un metsdes plus délicats, et l’empereur Iléliogabale entretenait constamment, des trou-pes chargées de lui procurer en abondance des langues de IMiénicoptères... Les
légions romaines employées à pourvoir la cuisine d’un monstre! . Vieux
sénat romain, qui avais vu dans l’avenir que Home deviendrait la maîtresse dumonde, et qui marchas à ce but pendant sept cents ans avec tant de constanceet de sagesse, tu n’avais pas prévu l’usage que Home ferait de sa toute-puis-sance! Ce qu’il y a de plus surprenant, c’est qu’au milieu d'une telle décadence