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Deuxieme partie.
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LES OISEAUX.

les vagues, et si la fatigue les surprend, ils se reposent et dorment à la surfacede l’eau. C’est de ces Oiseaux, bien plu tôt que de l’Aigle, que le poète Lamar-tine aurait pu dire :

Bercé par la tempête, il s’endort dans sa joie.

Ils se repaissent avec voracité de cadavres et d’animaux vivants ; leur force estextrême, et leur lâcheté est égale à leur force; de faibles Mouettes les font fuir.— I/Albatros nu Cap (lïiomedea cxulans, de Linné) est nommé Moutondu Cap par les navigateurs; ce nom lui vient de sa grande taille, de son plu-mage blanc, excepté sur les ailes, et de ce qu’il abonde surtout dans le voisi-nage des deux caps qui terminent au sud les deux grands continents du globe.Il fait une guerre acharnée aux Poissons volants; construit un nid de terre élevé,et y pond des œufs dont le goût est agréable. Sa voix est forte et ressemble aubraire de l’Ane.

Les Mouettes se distinguent par un bec comprimé, allongé, pointu, dont lamandibule supérieure est arquée vers le bout. Leurs narines, placées vers lemilieu de cette mandibule, sont, étroites, longues et percées à jour. Ces Oiseauxhabitent la pleine mer, fourmillent surtout sur nos côtes, et s’avancent quelque-fois dans les terres, ce qui est un présage de mauvais temps : ils sont criards,voraces, lâches, nagent et volent parfaitement, et fondent avec rapidité sur leurproie, qui consiste en cadavres aussi bien qu’en Poissons vivants. Les Mouettesdont la taille surpasse celle des Canards sont désignées sous le nom de Goé-lands, et l’on appelle Mauves les espèces plus petites.— Le CoEiAsn a man-te au N oi r (Larus marinus et Larusnœvius,i\e Linné ) est dans sa jeunesse tachetéde blanc et de gris , puis il devient tout blanc avec le manteau noir ; le bec estjaune avec une tache rouge en dessous; les pieds sont rougeâtres. —Le Goé-land a manteau gris ; Lar h s ghiucus, de Linné) n’en diffère que par sonmanteau cendré clair. — La Mauve a vieds ,i aunes (Larus fuscus, de Linné ;est toute blanche, avec le manteau noir et les pieds jaunes. — La Mouette ai'ieds bleus ( Larus cyanorhynchus, de Meyer) est d'un beau blanc à man-teau cendré clair; les premières rémiges sont noires avec des taches blanches àl’extrémité; le bec et les pieds sont de couleur plombée. Cet Oiseau vit princi-palement des coquilles que le flot emporte sur les grèves. — La Mouetterieuse (Larus rulibundus , Larus hybernus, et Larus enythropus, de Linné )diffère de la précédente par sa queue noire au bout, et ses ailes marquées denoir et de brun dans le premier âge ; les pieds sont de couleur rouge. Toutes cesespèces vivent avec les Pingouins et les Guillemots dans les cavernes du littoralde l’Océan. C'est là que se fait entendre leur babil assourdissant, interromputout à coup par un silence général, puis repris avec une nouvelle énergie. Surle gazon court et serré qui tapisse le sommet des falaises, les pères et les mèresconduisent leurs petits et les rangent en liles nombreuses; toutes ces petitesboules emplumées, absolument semblables entre elles, aux yeux d'un observa-teur étranger, ont cependant chacune leur physionomie particulière, et les pa-rents ne s’y trompent pas : on voit de temps en temps un vieil Oiseau parcourir