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les rangs, fixer sur une de ces petites boules un regard perçant, puis déposeraux pieds de son petit la nourriture triturée d’avance.
Le genre des Coupeurs d’eau se l'ait remarquer par la forme extraordinairedu bec, dont les deux mandibules sont aplaties en lames simples, et se répon-dent par leurs bords, comme une paire de ciseaux. — Le Coui'euh d’eau noi it( Bhyncops nigra, de Linné) est de la taille d'un Pigeon ; il a le plumage blanc,la calotte et le manteau noirs, avec une bande blanche sur l’aile, et les rectriceslatérales blanches en dehors, le bec et les pieds rouges. Cette espèce, nomméeaussi Bec en ciseau, habite les mers des Antilles , et ne peut se nourrir que dela proie quelle enlève, en volant à la surface de l'eau, avec sa mandibuleinférieure.
Famille des Totipal.mes. — Les Oiseaux qui la composent sont desPalmipèdes par excellence, puisque les membranes qui réunissent leurs doigtsantérieurs s’étendent du doigt interne au pouce. Aussi nagent-ils parfaite-ment; ils sont également bons voiliers, et seuls parmi la plupart des autresPalmipèdes, ils se perchent sur les arbres. Linné réunissait sous le nom de Pé-licans tous ceux qui offrent à la base de leur bec quelque espace dénué deplumes; mais de notables différences les séparent en plusieurs genres distincts.— Les Pélicans proprement dits ont la mandibule supérieure longue, droite, apla-tie et terminée par un crochet; mais ce qui rend leur bec remarquable, c’est lamandibule inférieure, dont les branches sont flexibles et soutiennent une es-pèce de poche formée d’une membrane nue et élastique. — Le Pélican ou-DiNAiiiE (Pelecanus onocrotalus, de Linné) est un grand Oiseau dont le corpsest gros comme celui du Cygne ; sa taille est de cinq à six pieds, son envergureest de douze pieds. Le bec seul a un pied et demi de longueur, et sa poche peutcontenir plus de vingt pintes d’eau; le plumage est d’un blanc légèrement rosé,selon l’âge, et les rémiges sont noires. Le tour des yeux est nu, ainsi que lagorge. — Le Pélican, nommé Onocrotale à cause de son cri qu’on a comparé àcelui de l’Ane, vit sur les bords de la mer, des lacs et des fleuves, dans les par-ties orientales de l’Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique ; il se nourritde Poissons , dont il remplit sa poche, pour les avaler ensuite, à mesure que ladigestion s'achève. Il vole très-bien et quelquefois fort haut ; mais ordinairementil se balance au-dessus des vagues, entre la lame qui se brise et celle qui s’ap-proche en roulant : lorsqu’il a aperçu un Poisson à sa convenance, il tombe surlui comme un plomb, et s’enfonce dans l’eau qu’il fait jaillir très-haut. Souventles Pélicans se réunissent pour pêcher en commun; ils forment dans l’eau unedemi-lune, dont la concavité répond au rivage, puis ils s’avancent lentement versle bord en battant fréquemment la surface de l’eau avec leurs ailes, et en plon-geant de temps en temps, le col tendu en avant; ils ont soin d’observer entreeux une distance égale à l’envergure de leurs ailes. Le croissant formé pareux se rapproche peu à peu de la terre, et les Poissons , resserrés de plus enplus, se trouvent réduits à un espace étroit ; alors commence le repas commun :les prémices en ont été recueillies par des Grèbes, qui, nageant dans l’es-pace circonscrit par la demi-lune, avant qu’il eût été rétréci, ont plongé fré-quemment sur les Poissons effrayés et étourdis. Les restes du festin seront par-tagésentredes centainesdeMouettes etde Corbeaux qui, postés surlestasd’Algues