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déplacé en place, se montrent sur l'eau et disparaissent à chaque instant. Leurnourriture consiste en Moules et autres coquillages bivalves. Elles ne volentjamais ailleurs qu'au-dessus de la mer, et ne font même que voleter ; elles mar-chent lentement, sans grâce, et perdent facilement l’équilibre ; mais dans l’eau,elles sont infatigables, et courent sur les vagues avec autant d’agilité que lesPétrels. Leur chair a un goût de poisson assez désagréable; les pécheurs leurfont pourtant la guerre; ils tendent horizontalement des filets fort lâches au-dessus des bancs de coquillages que la mer laisse presque à découvert pendantle reflux ; les Macreuses, qui suivent le flot à mesure qu’il se retire, s’empêtrentdans le filet en cherchant leur nourriture. Si quelques-unes, plus défiantes, s’enécartent et passentau-dessous, elles s’enlacent comme les au lies dans les maillesflottantes : ainsi prises, elles se noient toutes, et les pécheurs vont, après le re-flux, les détacher du filet. —L’Eidek (Anas mullissima, de Linné ) a le poucecomme la Macreuse; le bec est étroit en avant, mais il remonte sur le front, ouil est échancré par un angle de plumes ; son plumage est blanchâtre, à calotte,ventre et queue noirs; la femelle est grise, maillée de brun. Sa taille approchede celle de l’Oie; il habite les mers glaciales du pôle, où il niche au milieu desrochers baignés par la mer, et se nourrit de Poissons et d’insectes aquatiques.— Les Eiders tiennent la mer tout l’hiver, et ue reviennent à terre que le soir;leur retour â la côte, dans le milieu du jour, est regardé coin ne un signe de tem-pête. Le mâle et la femelle travaillent d’abord ensemble à la confection de leurnid, dont la base est composée de fucus. La femelle en recouvre ensuite le fondet les bords d’un duvet qu’elle arrache de la peau de son ventre, et qu’elle entassejusqu’à ce qu'il forme un gros bourrelet, qu’clle rabat sur ses œufs quand elleles quitte pour prendre sa nourriture; le mâle, qui ne participe pas a l’incuba-tion, fait sentinelle aux environs du nid. Les œufs sont d’un vert olivâtre, aunombre de cinq à six, et bons à manger; il y en a quelquefois dix dans un mêmenid, occupé alors par deux femelles, qui couvent ensemble de hou accord. EnIslande, en Laponie et dans les mers du Nord, où ces nids se trouvent par cen-taines, le cantonnement que les Eiders choisissent de préférence pour pondreleurs œufs est une propriété qui se garde précieusement et se transmet par héri-tage, car c’est là que l’on récolte le duvet précieux appelé édredon. Lorsqu’on en-lève une première fois ces œufs avec le duvet qui les protège, la femelle se dé-plume une seconde fois pour garnir son nid, dans lequel elle fait une deuxièmeponte ; si l’on dépouille le nid une deuxième fois, une troisième ponte a lieu,mais c’est alors le mâle qui fournit le duvet. Il faut respecter celle dernièrecouvée, sans quoi la place serait désertée pour toujours.
Chez les autres Canards que nous allons étudier, le pouce n’est pas bordéd’une membrane ; les pattes sont moins reculées, et la marche est plus facile ;ces Oiseaux plongent rarement et se nourrissent de graines et de plantes aqua-tiques autant que de Poissons . — Le Souciiet commun ( .-Inas cli/penia) a unlong bec dont la mandibule supérieure est élargie au bout, et ployée parfaite-ment en demi-cylindre, et dont les lamelles sont si longues et si minces, qu’ellesressemblent à des cils. Son plumage est d’un vert clair sur la tète et le col,blanc sur la poitrine, brun noirâtre sur le dos, roux au ventre, avec les ailesvariées de bleu clair, de vert, de blanc et de noir. Cette belle espèce, dont la