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La science a marché depuis la venue de Linné , et ce il y a peu de
choses à rectifier dans les généralités que vous venez d’entendre : quelques dé-veloppements rapides suffiront pour les mettre au niveau des connaissancesactuelles.
Les caractères qui dominent dans l'organisation des Vertébrés que Linné appelait Amphibies, et que les modernes désignent plus exactement sous le nomde Heptiles, sont d'une part la tempérai are variable, et, de l'autre, la respirationpulmonaire incomplète. Nous devrions peut-être énoncer le premier caractèreaprès le second, car il en est la conséquence. Vous savez, en effet, que la cha-leur animale est en raison de l’énergie de la respiration. Or, chez les Heptiles, lecœur, comme nous vous l'expliquerons bientôt, orfreune conformai ion telle, qu’àchacun de ses battements, il n’envoie dans le poumon qu’une partie du sangnoir ou veineux qu’il a reçu des diverses parties du corps, et que le reste de cefluide retourne aux organes tel qu’il en était venu, sans avoir passé par le pou-mon, sans avoir reçu l’influence vivifiante de l’oxygène ; en un mot, sans avoirrespiré. En outre, l’étendue des organes respiratoires est peu considérable, lescellules du poumon sont très-grandes, non repliées sur elles-mêmes, et n’offrentqu'une surface peu étendue à l’airqui s’y est introduit. Il résulte de là que le corpsdu Reptile ne reçoit qu’un sang incomplètement arlérialisé, faiblement échauffépar une faible respiration, et que sa chaleur vitale n’est pas assez forte pourrester indépendante des variations de l’atmosphère : la température de l’ani-mal s’élève ou s’abaisse en même temps que celle du milieu dans lequel il estplongé ; le froid suspend en lui la faculté digestive, ralentit tous les phénomènesvitaux et le plonge dans un engourdissement léthargique. Ile là le nom d'.-lxi-maux à sang froid, donné aux êtres qui présentent cette disposition, et qu’onremplacerait avec avantage par celui d’/imntaux à température variable.
Les vicissitudes de température ne sont pas les seuls inconvénients atta-chés à l’imperfection des fonctions respiratoires et circulatoires chez les ani-maux à sang froid ; les forces musculaires sont aussi beaucoup moindres, enproportion, que chez les Mammifères et les Oiseaux; leurs mouvements sontmoins vils cl moins soutenus; leurs muscles reçoivent moins de sang et pré-sentent une teinte blanchâtre; leurs sensations sont plus obtuses, moins dépen-dantes d'un centre commun : aussi continuent-ils de vivre et de se mouvoirlongtemps après avoir perdu le cerveau, et même après avoir été décapités;leur chair reste plus longtemps irritable après sa séparation du reste du corps;leur cœur bal plusieurs heures après qu'on l’a arraché, et cette dispersion de lasensibilité dans tous les organes, dont chacun semble posséder une existenceindividuelle, place les Heptiles bien au-dessous des deux classes précédentes, oùle travail vital est localisé, c’est-à-dire distribué à des organes spéciaux, qui parcela même dépendent les uns des autres et surtout du cerveau, dont ils reçoi-vent l’impulsion. Voilà certes le texte d’un beau chapitre sur la centralisation :<i II en est, dira-t-on, du corps politique comme de celui des animaux supérieurs :toutes les forces vitales convergent vers un centre commun, qui réagit à sontour sur tous les points de la périphérie. De là une simultanéité d’action dontla puissance est incalculable » A ifhoi répondront les centrifuges : « llien n’estplus vrai; tant (pie la capitale est debout, la volonté et l’exécution s’harmonisent