Band 
Deuxieme partie.
Seite
198
JPEG-Download
 

LES IJ El'T ILES.

Mm

La To iitu e gkecqu e Tesindo cjrœca, de Linné), que nous prendrons pourtype, habite tout le littoral de la Méditerranée; sa carapace est large, égalementbombée; ses écailles sont relevées, grenues à leur centre, entourées de striesconcentriques. La première plaque vertébrale est à cinq cotés, les trois sui-vantes en ont six, et la cinquième en a quatre; les deux premières plaqueslatérales ont presque la forme d'un quart de disque, et les six autres qui lessuivent ressemblent à un carré oblong. Les plaques marginales sont carréesoblongues, profondément striées en travers, c’est-à-dire d’avant en arrière, età peine striées de haut en bas. Les plaques situées au-dessus du col et des mem-bres sont très-faiblement festonnées et tranchantes sur leur bord; au-dessusdu col, il y a une faible échancrure élargie, tandis que les plaques qui répon-dent aux membres sont un peu plus allongées que les autres, avec leur bordtrès-légèrement relevé. Le plastron est séparé en deux grandes portions par unsillon longitudinal ; il est composé de douze plaques, striées en deux sens,connue les plaques marginales de la carapace : les deux premières sont très-petites, triangulaires ; les deux suivantes sont plus grandes, carrées oblongues,et disposées obliquement; les deux suivantes, formant la troisième paire, sontégalement obliques, niais plus étroites et plus longues ; celles de la quatrièmepaire, qui occupent le milieu du plastron, sont grandes, carrées, et se recour-bent pour garnir les ouvertures par lesquelles sortent les cuisses; les plaquesde la cinquième paire ressemblent à celles de la deuxième; et enfin les deuxdernières, formant la sixième paire, sont rbomboïdales et obliques, de manièreà laisser une forte échancrure angulaire à l’extrémité du plastron. La cou-leur des plaques vertébrales est jaune avec les bords antérieurs et latérauxnoirs; les plaques latérales et marginales sont jaunes, avec les stries antérieuresnoires. Le centre des plaques du disque est relevé par une tache noire irrégu-lière. Le plastron a toutes ses plaques jaunes avec de grandes taches ou mar-brures noires qui colorent presque autant de surface que le jaune. La têteest un peu convexe en dessus, et recouverte par de grandes écailles; le bec esttronqué, les narines rapprochées et non saillantes; les deux mandibules sontfaiblement dentées en scie sur leurs bords, et la supérieure en outre est arméevers son bout de deux dents latérales. Le col peut s’allonger d’un pouce hors dela carapace ; il est recouvert d’une peau écailleuse très-lâche, qui se replie encapuchon derrière la tête, au gré de l’animal.—Celte espèce croît très-lentementet n’atteint pas plus de dix pouces de longueur; elle recherche les lieux sablon-neux et boisés, aime à se réchauffer aux rayons du soleil, vil de feuilles succu-lentes, de fruits et d’escargots, dont elle broie facilement la coquille avec sesfortes mâchoires. Elle pond, vers le milieu de l’été, quatre ou cinq œufs sem-blables à ceux du Pigeon, d’où sortent, après les premières pluies de septembre,des petits qui ont le volume d’une noix. Dès le mois d’octobre, elle s’enfoncesous terre, et ne sort de son trou qu’en avril. — La Tortue grecque est l’espèce eu-ropéenne la plus anciennement connue; c’est elle que le sculpteur Phidias a re-présentée aux pieds de sa Vénus. Son caractère est très-doux, mais les mâles sefont souvent, la guerre à coups de tête, et ils se mordent avec fureur. On mangesa chair en Italie et en Sicile ; les Grecs s’en nourrissent pendant leur jeûne,parce qu'ils la regardent comme une chair maigre, ainsi que le Poisson : ils