Band 
Deuxieme partie.
Seite
210
JPEG-Download
 

L1 : S II K PT IL K S.

‘210

sance jusqu’à l’avertir par un mouvement particulier, lorsqu’il veut s'enfoncerdans les eaux : alors le Pluvier prend son vol et disparaît. —Le Crocodile duMexique, dont nous allons vous parler, reçoit le même service d’un Oiseau,mais celui-ci n’est pas un Echassier : c’est un Passereau du genre Totlier.

Le Crocodile a museau effilé (Crocodilus acutus, de Cuvier) est uneespèce des Antilles , qui a quatre rangées de plaques sur le dos, et dont la lon-gueur ordinaire est de seize pieds. Il est très-féroce, et dangereux, même pourl’homme. Les femelles déposent leurs œufs dans des trous qu’elles recouvrentde sable. Au bout d'un mois, les œufs éclosent, la mère vient gratter le solpour déterrer ses petits, et pendant trois mois elle pourvoit à leurs besoins età leur défense.

Les Caïmans se distinguent des Crocodiles en ce que la quatrième dent dela mâchoire inférieure est reçue dans un trou, et non dans une échancrure dela mâchoire supérieure. Les doigts de la seconde paire de pattes ne sont pal-més qu’à demi. Le Caïman a museau de Brochet (Crocodilus Indus , deCuvier), nommé vulgairement Alligator, a pour caractère spécifique quatreplaques principales qu’il porte sur la nuque. Les Alligators abondent dans lemidi de l’Amérique septentrionale, à l’embouchure du Mississipi , et dans lesimmenses marécages que produit ce fleuve par ses débordements périodiques.On les voit réunis en bandes nombreuses, les uns endormis sur de vieux troncsd'arbres flottants, les autres fendant les eaux dans tous les sens ; les petits sontcramponnés sur le dos de leurs parents, et ces hideuses peuplades font un va-carme que n’égaleraient pas des milliers de taureaux, combattant les uns contre,les autres. Malgré ces bruyantes démonstrations, les Alligators n’attaquent pasl’homme. Ils ne vont à terre que pour y faire leur ponte, ou chercher leurproie, qui consiste en Tortues terrestres et en petits Cochons. Ils marchentlentement, et leur queue sillonne la vase comme la quille d’une chaloupe. L’Al-ligator, loin des eaux, est plus craintif encore que dans son élément naturel;il se blottit, s’aplatit, reste collé contre le sol, roulant des yeux mobiles, sansremuer la tête. Si un homme approche, le Reptile ne fuit ni n’attaque, mais ille regarde venir avec inquiétude, se soulève, se gonfle, et pousse sa respirationcomme un soufflet de forge. Il ne se défend qu’avec sa queue, mais cette armeest terrible; il l’agite avec une force et une agilité prodigieuses : un seul coupde cette rapide massue tuerait un homme sur-le-champ; mais si ce dernierconserve du sang-froid, et attaque en face le plus formidable Alligator, en setenant hors de la portée de sa queue, il pourra sans peine l’assommer à coupsde bâton.

Bans les lagunes où le Mississipi débordé a déposé des myriades de Poissons ,qu’il y a laissés en rentrant dans son lit, les Alligators trouvent une abondantepâture, que l’homme va leur disputer impunément. Le chasseur qui parcourtl’étroit sentier que bordent ces marais peut les tirer presque à bout portant, etsi le plomb atteint l’œil, l’animal est tué sur le coup. On les chasse à cause deleur huile, qui, comme celle des Cétacés , est précieuse pour la conservation ducuir. Il arrive souvent que, pour éviter de longs détours, un muletier se résoutà traverser, avec ses bêtes déchargé, les lagunes où fourmillent des Alligators:l’arrivée des Quadrupèdes domestiques, qui se jettent à la nage, met en émoi