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Deuxieme partie.
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0 H D li K DES SAURIENS.

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la laini; il ne lâche point la gueule du Quadrupède, et l’entraîne au fond deseaux. Le Tigre , quoique submergé, n’a pas abandonné le seul point vulnérabledu corps de son adversaire, et tous deux périssent victimes de leur acharne-ment : l’un est noyé, l’autre, devenu aveugle, est condamné à une mort pro-chaine. — Les Crocodiles ne peuvent avaler dans l'eau, mais ils noient leurproie, la cachent dans les roseaux, eL la mangent quand elle commence à seputréfier.

Le Crocodile (Lnceria Crocoililus , de Linné ) a le museau oblong etaplati, et une échancrure de chaque côté de la mâchoire supérieure, pour rece-voir la quatrième dent de la mâchoire inférieure. Sa longueur dépasse quel-quefois trente pieds; son dos porte six rangées de plaques carrées et égales;il est vert bronzé, piqueté et marbré de brun en dessus, vert jaunâtre en des-sous. Il habite les grands fleuves de la zone torride, et c’est en Egypte qu’on l’aobservé d’abord. Il descendait autrefois jusqu’au Delta, et y passait, dit Pline,les quatre mois de l’hiver, en léthargie dans des cavernes. Aujourd’hui il 11e

quille pas la Nubie et il 11e s’engourdit point. Vous savez quelle était la véné-

ration des anciens Egyptiens pour ce Reptile. Les habitants de Tliébes l’ado-raient, le nourrissaient, l’ornaient de bijoux et l’embaumaient après sa mort.Il paraît toutefois que ce culte ne s’adressait qu a des individus, et non à l’es-pèce; car, du temps d’Hérodote, on faisait aux Crocodiles du Nil une guerreactive. Un hameçon de proportion convenable, garni d’un morceau de chair de

porc pour amorce, était jeté dans le fleuve; le pêcheur faisait crier un petit.

Cochon ; le Crocodile, attiré par les cris, s’approchait entre deux eaux, rencon-trait, chemin faisant, l’amorce perfide, et dès qu’il y avait mordu, on le tiraitsur le rivage. Ce n’était pas toujours pour manger sa chair qu’on lui tendait desembûches; c’était aussi pour le prendre vivant : vous n’avez pas oublié quel’édile Scaurus, ainsi que les empereurs Auguste et Iléliogabale, firent venir àRome des Crocodiles, qu’ils donnèrent en spectacle au peuple.

Nous ne quitterons pas le Crocodile sans vous entretenir d’un fait singulierde son histoire, qui, attesté d’abord par Hérodote et Aristote , révoqué en doutepar les naturalistes du quinzième siècle, vient d’être confirmé par M. GeoffroySaint-Hilaire. Il s’agit d’un pacte de secours mutuel établi par la Providenceentre le Crocodile et un petit Oiseau de l’ordre des Echassiers, qui entre sanscrainte dans l’énorme gueule du Reptile, y reste impunément pendant plu-sieurs heures, et en sort quand il lui plaît. Pour comprendre cette sécurité del’un et cette tolérance de l’autre, il faut que vous sachiez que le Crocodile estobligé, pour dormir et digérer, de sortir de l’eau, et de se rendre à terre. Dansla gueule, que l’animal tient ouverte pendant son sommeil, pénètrent par my-riades des espèces de Fourmis , qui viennent se repaître des débris des matièresanimales retenus entre les dents du Crocodile, et dont celui-ci ne peut se dé-barrasser avec sa langue, laquelle est immobile. Ces insectes font cruellementsouffrir, par leurs morsures, le Saurien, qui ne peut les expulser; mais le Plu-vier, qui est très-friand de ces mêmes Insectes, entre hardiment dans la gueuledu Crocodile, s’y installe comme dans un champ, et se repaît copieusementdes Fourmis importunes. Le Crocodile, se sentant soulagé par ce nouvel hôte,épargne le destructeur de ses ennemis parasites, et pousse même la reconnais-

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