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Deuxieme partie.
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LES REPTILES.

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riens fossiles, on est tenté de croire que la Nature a préludé par des ébauchescapricieuses à la formation des Vertébrés supérieurs qui leur ont succédé. LesReptiles mêmes vivant aujourd'hui, quoique plus nettement séparés des Pois-sons , forment une race qui appartient à un autre âge, et ne peut se conformerentièrement aux conditions du nôtre. A une époque où l’atmosphère brûlantedu globe n’avait point encore subi les vicissitudes des saisons, ces Reptiles pou-vaient se passer d’une cause interne de chaleur vitale, et leur respiration n’a-vait pour but que de changer le sang veineux en sang artériel. Mais, dans lasuite des siècles, à mesure que le globe se refroidit, et que s’établirent les zonestorride, tempérée et glaciale, les Reptiles , créés pour un climat toujours chaud,se trouvèrent dépourvus des moyens de résister au froid : ils- s’engourdirentpendant l’hiver, et leur existence fut réduite de moitié.

Dans les régions équatoriales seulement, ils conservèrent quelques restesde leur ancienne puissance : c’est là que leur fécondité, leurs dimensions,leurs armes offensives et défensives, ont excité la terreur ou l’admiration deshommes, et porté ceux-ci à leur rendre les honneurs divins. Sans parler desCrocodiles, qu’adoraient les Egyptiens, nous remarquerons que les Serpentssurtout étaient et sont encore l’objet du culte des peuplades qui vivent sous lazone torride. Chez les Mexicains, le Boa Constrictor avait ses temples, ses prê-tres et ses victimes. Il y a en Afrique de grandes Couleuvres dont les nègresde Juida font leurs fétiches. Dans la Mythologie des anciens, le Serpent joueun rôle très-varié : sa marche tortueuse le faisait regarder comme l’emblèmede la Prudence ; ses sifflements et sa morsure venimeuse l’avaient fait rangerparmi les attributs de l’Envie, de la Discorde et des Furies; les Egyptiens lereprésentaient se mordant la queue, pour exprimer l’Eternité; les Perses voyaient en lui l’emblème du Soleil, qui semble, par la combinaison de sonmouvement diurne et son mouvement annuel, s’avancer d’un tropique à l’autreen formant des courbes spirales.

Aujourd'hui, que l’observation exacte des faits a mis en oubli ces traditionssymboliques ou superstitieuses, les Serpents nous inspirent plus de dégoût qued’effroi : un corps sans membres qui se meut en rampant a quelque chose derepoussant, et nous inspire une répugnance sur laquelle la raison perd sesdroits. Mais, à part ce dégoût qui nous éloigne de tous les Reptiles , et surtoutdes Serpents, leur étude, prise au point de vue religieux, n’est pas moins atta-chante que celle des autres classes d’animaux, car elle nous montre le Créateurveillant à la conservation des espèces qu’il semblait avoir disgraciées : il a mo-difié leur atmosphère primitive, mais pour compenser cet inconvénient, il leura donné un sommeil d’hiver, qui les dispense de tout besoin, et dont elles sor-tent chaque printemps, pour renaître à une nouvelle vie, lorsque le soleil vientleur rendre provisoirement la haute température qui régnait sans vicissitudeau jour de leur création.