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Deuxieme partie.
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LES POISSONS.

•2.V2

îles conditions d’existence que tout être doit réunir, non-seulement dans saconformation individuelle, mais encore dans ses rapports avec ce qui l’entoure;connaissance que révèle l’étude religieuse des merveilles de la nature, et quenous avons cherché à vous donner dans nos entretiens sur la physiologie desanimaux supérieurs.

Supposons donc que le suprême Auteur de toutes choses vous ait appelée àlui vers le commencement du cinquième J O U K, ' " n’y avait encore d’or-ganisé sur la terre que le Règne végétal, et qu'il vous ait dit, en vous montrantdu doigt l’Océan, les mers intérieures, les lacs, les fleuves, les ruisseaux, les ma-rais, qui occupent plus des deux tiers de la surface du glohe : Je veux que ceseaux soient habitées par une race féconde, utile à l’homme que je (lois créer de-main : c'est à loi, qui connais ma pensée, que je confie celte partie de mon œuvre.Voyons comment, avec vos idées acquises, vous auriez procédé à l’exécution dela volonté divine.

D'abord, considérant que les animaux dont il s’agit doivent occuper toute l’é-tendue des eaux, pour que l’homme puisse partout les avoir sous sa main, vousleur auriez donné les moyens de se transporter rapidement à des distancesconsidérables : ils eussent donc reçu de vous un squelette solide placé à l’inté-rieur, donnant extérieurement attache aux organes du mouvement; et l’axecreux de ce squelette aurait servi d’enveloppe protectrice au cerveau et «àla moelle épinière de l’animal. — Vous auriez donc créé une classe deVertébrés.

Mais ces Vertébrés, destinés à traverser dans toutes les directions le liquiderésistant qu’on leur assigne pour élément, avaient besoin de muscles vigou-reux, et ces muscles devaient surtout se réunir vers la région postérieuredu corps, destinée à pousser en avant les parties qui sont situées devantelle : vous auriez donc donné à la queue une puissance prédominante. Quantaux membres chargés de seconder l’action motrice de la queue, ils auraientété courts et minces pour se mouvoir plus rapidement; ils auraient étéextensibles comme les doigts des Oiseaux palmipèdes, pour faire l’officed’avirons; en outre, la peau de ces Vertébrés, étant exposée au frottementcontinuel des eaux, vous l’auriez revêtue, non de poils ou de plumes, maisd’une cuirasse formée par des écailles lisses et imbriquées les unes sur lesautres.

Quel régime alimentaire leur auriez-vous imposé? Vous auriez prescrit àquelques-uns de se nourrir des végétaux qui croissent dans les eaux douces etsalées; mais les végétaux aquatiques étant loin de suffire aux nombreuses fa-milles que vous auriez à créer, les petites espèces auraient ordre de se nourrirdes débris d'animaux terrestres, chassés par les vents et voitures par les fleuvesjusqu’à la mer: d'autres espèces, plus petites encore, trouveraient leur pâturedans l’eau même de l'Océan, dont chaque goutte, en vertu de votre pouvoirdiscrétionnaire, serait devenue un monde phosphorescent, peuplé par des my-riades d’animalcules; enfin vous auriez autorisé les espèces dont les dimen-sions sont plus considérables à dévorer celles qui seraient trop faibles pour leurrésister.

Cette race étant condamnée à ne jamais sortir de son élément natal, et ne