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(les Poissons se voient dans la Méditerranée, et surtout dans les mers s,
nageant par légions nombreuses, que poursuivent avec acharnement les Dorades,les Bonites, et autres Poissons voraces ; pour échapper à ce danger ils s’élèventdans les airs; mais au sein de ce nouvel élément ils rencontrent d’autres ennemisnon moins dangereux : ce sont les Oiseaux de haute mer, les Frégates surtout,qui les attendent pour les saisir au vol pendant leur court voyage aérien : tel estle Poisson volant de la Méditerranée (Tnyla volitans, de Linné), dont lataille est d’un pied ; il est brun en dessus, rougeâtre en dessous, et ses nageoires,de couleur noire, sont diversement tachetées de bleu.
Les Epinoches, qui appartiennent aussi au groupe des Poissons à joues cui-rassées, ont la première nageoire dorsale remplacée par trois épines libres,et leurs nageoires ventrales se réduisent aussi à une seule épine. La G u an n kEimnoche (Gnsterostens aenleatm , de Linné) a tout, le flanc garni jusqu'aubout de la queue de plaques écailleuses. C’est une espèce qui pullule quelque-fois si prodigieusement dans les eaux douces du nord de l’Europe , qu'on l’em-ploie comme engrais, après en avoir extrait l'huile.
L’E pin oc iiett e ( Gasterosiens pnnyitins, de Linné) est le plus petit et leplus commun de nos Poissons d’eau douce; sa taille est de dix-huit à vingt lignes ;elle a, sur le dos, neuf épines fort courtes, et les côtes de sa queue ont desécailles carénées. On ne [lèche guère ce Poisson exprès ; on l’emploie plutôtcomme appât pour prendre des A blés et des Eperlans; la saveur amère de sachair, due à l’abondance de la hile, le fait rejeter des cuisines.
Les Dorades sont des Acantlioptérvgiens, dont le palais est dénué de dents ;la mâchoire supérieure est garnie de plusieurs rangées de dents molaires, arron-dies en forme de pavé ; le devant porte quelques dents coniques et émoussées.La Dorade vulcaihe (Sparus auralns de Linné) a quatre rangées de mo-laires en haut et cinq en lias; ce beau Poisson abonde sur les côtes de la Breta-gne et de la Méditerranée; sa chair est estimée : les anciens le nommaientClirysophrys (sourcil doré), à cause d’une bande en croissant qui va d’un œil àl’autre.
Ce poisson est un de ceux qui inspirèrent aux Romains l’idée de construiredes bassins artificiels, pour que leur sensualité pût être satisfaite dans toutes lessaisons. Des bâtiments légers étaient expédiés pour les côtes de Sicile etd’Ionie , et ne faisaient d’autre service que d’en rapporter du Poisson; Romerecevait de Brindes, de Tarente, de Messine , des espèces délicates et recher-chées, tandis que les Ioniens, qui avaient inventé des bateaux à réservoir, excel-lents voiliers, apportaient dans cette capitale du monde les Poissons vivants.Mais ces ressources gastronomiques ne suffisaient pas aux Romains : les ventscontraires et les tempêtes s’opposaient quelquefois à la navigation de ces bar-ques : ce fut alors que les plus riches citoyens firent élever sur les bords de lamer des digues assez fortes pour résister aux vagues ; d’autres firent ouvrir desmontagnes, on y creusa d'immenses viviers, dans lesquels on déposait les Pois-sons des côtes de Syrie, d’Égypte, des îles de Rhodes et de Crète , pour que leconsommateur les eût à sa disposition dans tontes les saisons, sans que lestempêtes pussent s'y opposer.
Il y avait deux sortes de v iviers ; les uns étaient alimentés par l’eau douce, les