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Deuxieme partie.
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LKS POISSONS.

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autres par l’eau salée; les premiers, i|ui étaient les plus anciens, furent appelésviviers plébéiens, depuis que les patriciens dédaignèrent d'en posséder de sem-blables; ils ne contenaient que des Poissons communs, tels qu’il s’en voit dansnos étangs. Les bassins qui recevaient l’eau de la mer étaient les plus estiméset les plus dispendieux. L. Lucullus, Q. Hortensias, personnages consulaires,se tirent une réputation scandaleuse par les sommes énormes qu’ils employèrent<à la construction de ces grands bassins, qui entraînaient autant de travaux quel’établissement d’un port de guerre. Licinius Muréna fut le premier qui donnaune grande vogue aux folies de ce genre : il fut bientôt imité et surpassé parLucullus . Le vainqueur de Milhridate, après avoir fait percer une montagne prèsde Naples pour introduire l’eau de la mer dans ses bassins, ne parut, dit Varron,le céder en rien à Neptune dans son empire sur les Poissons . 11 lit creuser descavernes où, pendant l’été, ils trouvaient une fraîcheur délicieuse, appropriée àleurs besoins ; et ainsi que, dans cette saison, on avait recours, en Apulie , auxgrottes formées par la nature dans les montagnes du pays sabin, pour y mettreles troupeaux à couvert des ardeurs du soleil, ainsi Lucullus ménagea la mêmefaveur aux Poissons de ses domaines. Suivant Pline, il dépensa plus d’or dansces travaux qu’il n’en avait employé <à créer sa superbe maison de campagne, etses parcs et ses jardins, dessinés et ornés à la manière des Asiatiques.

Après ce goût effréné, dont les viviers ou bassins maritimes furent l’objet, lagrande passion des hommes riches était de posséder des Poissons apprivoisés.Cicéron, dans une de ses lettres à Atticus , observe, avec indignation, que lesgrands de Home mettaient tout leur bonheur et toute leur gloire à posséder dansleurs viviers des Malles assez privés pour se laisser toucher sans prendre lafuite, et Pline parle de Poissons qui étaient dans ceux de l’empereur Trajan , etqu’on avait accoutumés ci se rendre à la voix de celui qui les appelait.

Ces vastes viviers, où les riches trouvaient réunis, en tout temps, les Pois-sons les plus rares de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique , exigeaient un entretienqui ruinait les familles : ils étaient divisés en grands compartiments, pour queles Poissons ne se mêlassent point et qu’on pût les pêcher plus aisément ; desorte que, dans les occasions solennelles, il était facile d’en réunir d’immensesquantités d’espèce différente. L’histoire nous apprend que le frère de l’empe-reur Othon fit servir à ce dernier un souper où il avait réuni deux mille platsde Poissons rares.

On servait le Mulle sur des plats enrichis de pierres précieuses, avec unassaisonnement qui coûtait souvent aussi cher. Sous Iléliogabale, l’extrava-gance fut poussée à un tel degré, que cet empereur, étant dégoûté des Mallés,quoique d’ailleurs ils fussent devenus assez rares, ordonna, dit Lampride,qu on lui servît un plat composé des barbillons de ce Poisson, d’oû l’on peutjuger de la quantité qu’il fallut en réunir pour satisfaire un goût aussi in-sensé.

Les Ateliers et les C.hœlodons font partie d’un groupe où les nageoires dorsa-les sont recouvertes d’écailles qui les encroûtent et les rendent difticiles à dis-tinguer de la masse du corps. Le Cmoetodox a bec (Cliœlodon rostralus,deLinné) a le museau long et grêle ; ses dents sont en fin velours, plutôt qu’ensoie; sa robe écailleuse est peinte des plus belles couleurs; mais ce qu’il y a de