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grand mi bâtiment dp guprrp, pI Ip lancer a I eau, sans craindre <[11 il put man-quer d’équilibre, on éprouver quelque accident.
C’est pour demander à Dieu la subsistance de ces populations laborieusesqu’a lieu chaque année la bénédiction de la mer. Le jour de la Saint-Jean, tousles pêcheurs du pays se rendent processionnellemenl dans les eaux où se pêchela Sardine ; en tête de leurs bateaux s’avance celui qui porte le prêtre, dontl’intercession doit appeler sur eux la clémence du Très-Haut. Il y a loin de cecortège rustique à la brillante théorie des vierges athéniennes, revenant paisi-blement de Délos ;
Ce n’est pas sur les mers une poupe tlorée,
Au bruit des hymnes saints voguant vers le Piree;
ce sont des barques grossières, entr'ouvertes par l’éternel assaut des vagues, etportant sur l’abîme des hommes, des femmes, des enfants, qui lancent de tontesleurs forces vers le ciel les litanies de la Vierge.
Avec quelle profonde émotion vous saisiriez dans ce vaste concert le crianimal de la détresse ! Comme il vibrerait à vos oreilles, cet unisson de voixrauques et sauvages, qui ressemble plutôt aux mugissements delà douleur qu'àla psalmodie tranquille du plain-chant ! Cette scène, toute biblique, vous mon-trerait le peuple de Dieu qui crie vers le Seigneur; vous verriez des hommesréunis par une nécessité commune, agités des mêmes craintes, soutenus par lamême croyance, ramer péniblement sous le soleil, et jeter de temps en tempsun regard plein de foi et d’espérance sur la vieille croix de cuivre enfumé quileur sert de bannière. Ces malheureux, couverts de haillons, vous les entendriezprodiguer à la Vierge, dans une langue inconnue pour eux, mais que leurémotion semble comprendre, les métaphores les plus magnifiques du styleoriental ; ils ne sauraient analyser le sens de leurs paroles, mais ils savent quece sont des louanges qui, parties de leur cœur, doivent plaire aux oreilles dela mère du Christ. Ils la comparent à tout ce qu'il y a de plus précieux dans lanature, de plus révéré parmi les croyants : Tour d'ivoire , Maison d'or. Vasede diamant, Rose mystérieuse, Etoile du malin, Porte du ciel... Que demandent-ils, ces humbles chrétiens, à celle qu’ils décorent de titres si pompeux? Lafécondité d'un chétif Poisson qui les nourrira pendant l’été, et leur donnera dequoi acheter, pendant l'hiver, un pain noir et grossier... Ah! sans doute, en cemoment, du haut des cieux la douce Marie regarde avec miséricorde leur pauvrecroix de cuivre, leurs poitrines haletantes, leurs visages baignés de sueur, et,lorsque le bon prêtre, «pii chancelle au bord de son bateau ballotté par la boule,répand l’eau bénite sur les Ilots amers. Dieu ratifie la bénédiction prononcéepar son ministre.