LES POISSONS.
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Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits :Ee champ ipii les reçut les rend avec usure.
Mais croyez bien qu'un pêcheur de la Norwége , de la llretagne, ou de la Médi-terranée préférerait à celte strophe harmonieuse un cantique ayant pourrefrain :
Adorons le Seigneur, dont la bonté divineNous donna le Hareng, le Thon et la Sardine.
— Cela peut être, direz-vous. Le grain de sable raconte la gloire du Créaleur nonmoins éloquemment que les sphères célestes; mais, dans une Sardine, malgréses écailles argentées, ses formes élégantes, ses allures agiles, il est bien diffi-cile de voir autant de poésie que dans la Fleur , qui, après avoir charmé nosyeux et notre odorat par son calice, sa corolle et ses étamines, rafraîchit déli-cieusement notre palais par son pistil devenu fruit.—Que ne puis-je, au lieu dechercher à vous réfuter par des raisons qui ne vous convaincraient pas; que nepuis-je vous transporter en Bretagne, sur les promontoires du Finistère oudu Morbihan , et vous faire assister à la bénédiction de la mer, cérémoniesimple et sévère, qui a lieu vers le solstice d’été, et sert de signal à la pêche dela Sardine !
Sur ces côtes pittoresques, vous trouveriez de charmantes églises, conslruilesau temps des croisades, et dont Sahti-Sulp'xe et Saint-Koch seraient jaloux ;vous croiriez voir Noire-.Dame de Paria en petite proportion, mais Notre-Dame debout, svelte, élancée, posant délicatement son pied sur un tertre de gazon,et non pas accroupie entre les immondices de l'IIôtel-Dieu et les cloaques de laCité, comme la géante parisienne ; ce serait Notre-Dame festonnée et brodée,moins richement que celle de la métropole, mais en revanche exempte de mu-tilations, et respirant à l’aise dans une atmosphère spacieuse, que limite unebordure de vieux noyers.
Dans ces temples modestes se réunissent de pauvres pêcheurs, dont le front,liâlé par les orages, porte un caractère touchant de résignation : ils passent <àgenoux sur la pierre les heures consacrées au repos, et labourent des rochers,quand ils ne luttent pas contre les lames courroucées de la Manche. Chez cesinfortunés la religion est inébranlable; ils ont un si grand besoin de l’espéranced’une vie future, moins pénible et moins agitée, que leur foi ne saurait faiblir;aussi, dans toute la Bretagne , le christianisme est-il debout, et le culte florissant.Les habitants des côtes trouvent encore, malgré leur misère, le moyen de fairedes offrandes destinées à orner leurs églises. Vous y verrez, suspendues à lavoûte, de petites frégates qui sont des ex-voto de marins sauvés du naufrage, elleur ont coûté des années de travail et de privations; dans ces chefs-d’œuvre depatience, la grande frégate est complètement représentée; toutes les pièces ensont reproduites dans une proporlion vingt mille fois moindre : cordages,mais, sabords, canons, tout s’y trouve réduit en miniature, avec tant d'exacti-tude el de précison, qu'un ingénieur pourrait, sur ce modèle, construire en