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Deuxieme partie.
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si, par un obstacle i i|ue, l'Insecte est empêché de faire sa ponte, sou

existence peut être prolongée bien au delà des limites ordinaires. Il y a deuxans, je vis entrer dans mon cabinet un homme d’un extérieur modeste, qui medit sans autre préambule : « Monsieur, vous aimez les Insectes, et moi aussi :en voici un que je tiens dans cette boîte depuis plus d’un an, traversé par uneépingle, et qui se porte mieux que moi, car j’ai un cancer à l’estomac, qui neme laisse pas six mois de vie : c’est le Cnlnsoma auropunctalum, que j’ai le pre-mier découvert en 1793 aux environs de Paris , dont j’ai élevé la larve, et dontseul je connais la localité — Celle du Si/cophnnte n’a été connue des entomolo-gistes de Paris que quand je l’ai eu indiquée à M. Alexandre Krongniart; carGeoffroy lui-même ne la connaissait pas, et M. de Réaumur ne l’avait trouvéequ’une fois sur un chêne. » Ces paroles m’inspirèrent tout à coup une hauteestime pour cet homme simple et bon, qui offrait à mes yeux le prototype duChaneur d'insectes. Nous eûmes bientôt fraternisé, et je ne tardai pas à recon-naître en M. Ledoux une admirable organisation de naturaliste. Il fut démon-tré pour moi (pie ce ltéaumur illettré aurait parcouru avec les honneurs aca-démiques la carrière des sciences naturelles, s’il n’était pas né (ils d’un colonelde la vieille garde, qui, le jour du sacre de Napoléon , lui dit en revenant deNotre-Dame : «Veux-tu boire à la santé de l’empereur ?» Et quand ils eurenttrinqué, le rude colonel s’écria, comme eût pu le faire lui sergent recruteur surle quai de la Ferraille : « Maintenant, mon garçon, tu es soldat, ton éducationest faite, et tu n’as pas besoin de savoir autre chose que vaincre ou mourir. —Vaincre ou mourir! » avait répondu joyeusement le jeune homme. Il était alorsparti pour l’Italie, avait pris du service dans les troupes du roi de Naples , etétait devenu chef de bataillon du génie. Puis, quand ces dix années de lièvremilitaire qu’on nomme l’Empire eurent fait place à la restauration, l’honnêteLedoux, que les Rourbons de Sicile et les Autrichiens avaient inutilement in-vité à boire a leur santé , était revenu en France , s’était fait ingénieur de ma-chines, et vivait pauvre et obscur à Montmartre ; mais la passion de sa jeunessepour l’entomologie s’était réveillée plus ardente que jamais. Doué d’un espritobservateur, ingénieux et patient, il avait inventé mille moyens d’attirer et deprendre les Insectes ; il n’y avait pas d’espèce rare pour lui; il avait étudiél’heure oû l’animal a coutume de sortir, les circonstances atmosphériques quilui conviennent, les procédés les plus commodes pour s’en emparer, l’élever, leconserver, et il aurait pu faire un traité ex professa sur l’éducation des Coléop-tères et des Papillons. Il avait exploré minutieusement les environs de Paris dans un rayon de vingt lieues. La magnilique forêt de fontainebleau, e.

sous une latitude de 48 degrés, la Flore et la Faune des provinces méridionalesde la France , n’avait pas un taillis, pas une clairière, pas un ruisseau, pas unrocher, pas un accident de terrain, qui ne lui fût parfaitement connu; il con-naissait les espèces d’arbres qu’affectionnent certains insectes, et de plus ilavait observé que c’est souvent à un seul arbre, parmi des milliers d’individusde la même espèce, que l'Insecte accorde une préférence inexplicable. Il avaitdécouvert une espèce inconnue d’ Enoplium , appartenant au grand genre Uui-ron, laquelle, suivant l’usage, avait été baptisée de son nom; or, comme il s'ap-pelait Ledoux, un latiniste de la Société enlomologique avait pu la merveil-