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Deuxieme partie.
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le . . ou à corselet ron.r, espèce rare et nouvelle pour lui. Dès ce monienl,

il oublia le tribunal révolutionnaire, la déportation, la noyade, et ne s’occupa plusque du compagnon de sa captivité. Voyez-vous l’infortuné prisonnier contem-plant son Insecte avec amour, et le dérobant soigneusement au regard inquisi-teur de son guichetier, parce qu’il craint pour lui le sort de l’Araignée de I'élis-son? Et croyez bien que cet homme, qui a décrit tant de milliers d’espèces, n’ena connu aucune aussi bien que celle-là ; elle a fait briller à ses yeux des beautésque les plus riches Coléoptères des régions tropicales ne lui ont jamais mon-trées, quand il avait à sa disposition les magnifiques collections du Muséum.

Le médecin de la prison, en faisant sa visite dans les cellules, s'étonne de ceculte passionné chez un homme dont la tête est menacée; Latreille s’étonne à,son tour de l’observation du médecin, et croit y faire une réponse sans répliqueen disant que « cet Insecte est tr'es-rnre, et qu’il regrette de ne pouvoir trans-mettre à un entomologiste éclairé une espèce qu’il croit nouvelle. » Le docteurlui apprend alors qu’il vient d’arriver à Bordeaux deux jeunes naturalistes,JIM. d’Argelas et Ilory-Saiut-Vincent; aussitôt Latreille songe à leur faire par-venir son Insecte; mais il faut tromper la vigilance du geôlier, qui intercepterigoureusement toute communication avec le dehors... Le prisonnier coupe endeux un bouchon de liège, creuse à l'intérieur une petite niche pour y loger leEoléoplère, rajuste adroitement les deux morceaux, et confie son trésor au mé-decin, qui va le remettre au citoyen Bory -Saint-Vincent. Celui-ci, à l’ouverturede celte missive éloquente, entreprend de sauver le prisonnier, et, secondé ac-tivement par M. d’Argelas, il a le bonheur de le rendre à la liberté et à lascience.

Quand Latreille eut pris place dans le monde savant par ses nombreux écrits,dont le plus remarquable est le Généra îles Crustacés et des Insectes, tous lesamis de l’entomologie voulurent tenir de sa main un individu de l’espèce quiavait été l’occasion de sa délivrance; et lorsqu’en 1852 il est mort chargé d’anset d’honneurs, ils ont eu l’heureuse idée de faire graver sur le monument qu’ilslui avaient élevé à leurs frais, la ligure de la Necrobia rnficollis. A la prochainepromenade que vous ferez au cimetière de l’Est, allez visiter le tombeau deLatreille : il est situé dans la Pièce du protestant, 50 e division, n° 90, au bordmême du chemin ; c’est un obélisque tronqué, de neuf pieds de haut, composéd’un monolithe en pierre de Château-Landon , poli, reposant sur un dé pareil,et surmonté du buste en bronze de l’illustre entomologiste. Comme vous avezappris un peu de latin depuis que nos conférences d’histoire naturelle sont com-mencées, vous comprendrez sans peine le sens de ces mots : Necrobia ruficol-tis, Latreillii sains, entourant l’image de l’Insecte, dix fois plus grande quenature. Quant à l’inscription de la face antérieure, dont le texte pourrait vouslaisser croire, au premier coup d’œil, que Latreille est mort à la (leur de l’âge,je dois vous prévenir que le latiniste à qui la Société entomologique en avaitconfié la rédaction, voulant dire que les amis, les disciples et la famille du dé-funt lui avaient élevé ce monument, a cru, non sans quelque apparence de rai-son, que le mot français parents se traduisait par le mot latin parentes, et il aécrit bravement : parentes, sodales, discipuli, etc. On doit conclure de là quele monument de Latreille, mort à l’âge de soixante et dix ans, lui a été élevé