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Deuxieme partie.
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Linné ). Cette espèce est noirâtre ; son corselet offre â chaque ongle postérieurune tache jaunâtre, et prés du milieu de sa hase une élévation comprimée, diviséeen deux, antérieurement, par une dépression; les élylres ont des stries ponc-tuées. Le Pline opiniâtre doit son nom spécifique à la constance avec laquelleil se tient immobile dès qu’on vient de le toucher. Sa tête reste enfoncée dansson corselet comme dans une coiffe; ses jambes et ses tarses s'appliquent sifortement contre les écailles, qu’elles ne semblent plus faire qu’uu même corps;les antennes sont entièrement cachées entre la tête et les rebords inférieursdu corselet ; il garde très-longtemps cette attitude gênée sans se donner lemoindre mouvement, de sorte qu’on le prendrait pour un animal mort.

« Mais ce qu'il y a de plus singulier, dit le naturaliste suédois de Geer, c'estqu’on est presque incapable de le forcer à faire le moindre mouvement, oude le tirer de cette espèce de léthargie simulée : ni le feu, ni l’eau, niaucune espèce de torture n’est suffisante à le faire remuer; il se laisse brûlertout vif; on peut le dépecer et l'estropier, sans qu’il donne alors le moin-dre signe de vie. J’en ai tenu dans une cuiller d’argent, sur la flamme d’unebougie; ils se sont laissé brûler ainsi à petit feu sans chercher â s’enfuir, etsans remuer une seule patte. On est dans l’admiration de voir un sang-froid siopiniâtre, qui semble passer les bornes de la nature. Tout ce qu’on racontede la constance héroïque des sauvages prisonniers de l'Amérique , qui se lais-sent déchirer le corps par lambeaux, qui mangent leur chair sans faire lamoindre grimace, ou sans donner le moindre signe de douleur, n’approche pasde ce que ces petits Insectes nous font voir. Mais quand on les laisse tranquilleset qu’on ne les touche plus, ils sortent de leur feint assoupissement, et re-commencent enfin, après un très-long repos, à se remuer et à marcher; ilsvolent ensuite, mais rarement, quoiqu’ils aient de bonnes ailes, beaucoup pluslongues que leurs étuis.»—La Viullette des farines (Anolnum pantcexnu,de Fabricius) est très-petite, fauve, avec le corselet lisse et les étuis striés;non-seulement elle ronge les substances farineuses, mais elle s’introduit dansles collections d’insectes, qu’elle ravage rapidement, lorsqu’on la laisse s’y mul-tiplier, et s’établir dans le siège qui garnit le fond des boîtes.

Famille des Lime-bois. — Cette petite famille se distingue des deuxprécédentes par la tète, entièrement dégagée du corselet. Les Lime-bois doiventleur nom à la manière dont leurs larves perforent en tous sens le bois danslequel elles vivent. Leurs antennes sont tantôt simples, c’est-à-dire sans dents,tantôt aplaties et en dents de scie, tantôt disposées en chapelet. Nous ne vousciterons que le Lime-bois naval (Lymexylon navale, d'Olivier), donL les an-tennes sont simples, peu ou point comprimées, et presque en chapelet; le cor-selet est presque cylindrique. L’animal a six lignes de longueur; sa couleur estd’un fauve pâle, avec la tête, le bord extérieur et l’extrémité des élylres, noirs.Il est très-commun dans les forêts de chênes du nord de l'Lurope, mais assezrare aux environs de Paris . Il se multiplie d’une manière effrayante dans leschantiers de la marine royale, et y cause d’immenses dégâts.

Famille des Clavicornes. — Cette famille ne différé des trois précé-dentes que par la forme des antennes, qui sont presque toujours plus grossesvers leur extrémité, et souvent terminées en massue; de là le nom de Clavi-