Band 
Deuxieme partie.
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FAMILLE DES CL A V I CORME S.

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noir, avec les trois derniers articles des antennes ronges et deux Landes orangées,transverses et dentées sur les étuis. Les hanches des deux pieds postérieurs sontannées d’une forte dent, les jambes sont courbes.—Bien de plus facile (jue d’ob-server pendant l’été les habitudes singulières de cet Insecte. Prenez une Taupe ouune Souris récemment tuée, exposez-la à l’air libre sur de la terre labourée: quel-ques heures après, elle aura disparu. Mais si vous avez eu la précaution de marquerparun bois ou tout autre objet la place qu’elle occupait, il vous suffira d'écar-ter un peu la terre, et vous verrez votre Taupe inhumée. Enlevez la Taupe, etvous verrez au-dessous d’elle les fossoyeurs qui lui ont donné la sépulture. Si,au lieu d’attendre que la Taupe soit enterrée, vous vous tenez en sentinelle sansla perdre de vue, vous ne tarderez pas à entendre un son aigu produit par lefrottement des ailes de nos Boucliers, qui arrivent, de plusieurs lieues peut-être, attirés par l’odeur de l’animal destiné à la pâture de leurs petits. Il envient deux, trois, quatre, jamais plus de cinq. Vous les voyez bientôt meLtrepied à terre, et ramasser leurs ailes membraneuses sous les étuis jaunes mar-qués d’une croix noire qui forment leur livrée funèbre. Ils commencent parprendre leurs mesures, contemplent le corps dans tous les sens, et exami-nent si le terrain est convenable ; puis la société se glisse sous le cadavre. Toustravaillent à l’envi : ils soulèvent leur fardeau avec leurs têtes et leurs corselets,tantôt en devant, tantôt en arrière, et se mettent à gratter la terre au-dessousd’eux avec leurs pattes, de manière que la taupe s’enfonce toujours davantage,et finit par disparaître tout à fait. Il vous suffira d’attendre patiemment pen-dant deux heures, pour que l’inhumation se termine sous vos yeux; mais lafosse n’est pas encore achevée : au bout de vingt-quatre heures, elle a huitpouces de profondeur; à la fin du deuxième jour, le cadavre est enfoncé dequinze pouces dans le sol. C'est alors que les fossoyeurs s’arrêtent, et repa-raissent à la lumière ; bientôt les femelles redescendent sous terre, et vont pon-dre leurs auifs dans le corps dont l’enterrement leur a coûté tant de peines. Iléclôt de ces œufs une larve formée en fuseau, qui atteint un pouce et demi delongueur; chacun de ses anneaux porte une tache transversale, saillante, rouge,et garnie de quatre épines; ces larves dévorent complètement la Taupe, sansépargner ni la peau, ni les os; bientôt elles se dépouillent de leur premièreenveloppe, et s’arrangent une loge bien lisse, où elles se transforment en nym-phes, armées par derrière de deux pointes qui leur servent à se retourner; en-lin cette seconde enveloppe est déchirée, déposée pièce à pièce, et l’Insecteparfait se montre joyeux sur le grand théâtre où il doit répéter fidèlement lerôle de ses parents.

Voilà, certes, un des plus merveilleux exemples de l’instinct des Insectes. Necroyez pas toutefois que leurs facultés se bornent a celle force aveugle et irrésis-tible. La Providence leur a accordé l’instinct pour les circonstances ordinaires deleur vie ; mais elle a permis que cet instinct devînt de l’intelligence dans les casaccidentels où l’animal aurait besoin de raisonnement. Pour vous en assurer, pla-cez votre Taupe sur un sol dur et pierreux, peu éloigné d’un terrain meuble.Vous verrez le cadavre se mouvoir et s’avancer vers l’endroit où la terre estplus facile à creuser. Ici les Nécrophores ont changé de métier: ils étaient fos-soyeurs par état, ils sont devenus porteurs par nécessité. Si le fardeau est trop