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aux arbres a feuilles rondes. Depuis longtemps la larve de cet lusecle élaiLires-mal famée en Allemagne sous le nom de Ver noir; la solide conforma-tion de cet animal le fait résister à des degrés de froid d’une rigidité quienlève des millions d’autres Insectes. C’est au mois de mai que les Scolytes qui ont pris pendant l’hiver, dans l’intérieur des écorces, leur accroissementcomplet, se frayent, en rongeant, un passage au travers de l’écorce extérieuredesséchée. On les voit alors sur le soir, quelquefois seuls, mais dans les annéesfavorables, réunis en essaims qui semblent autant de nuages, et fondent sur lestroncs des arbres. Lorsque le temps est froid, ils se tiennent dans les vallées;mais lorsqu’il devient chaud, l’essaim s’élève au-dessus des plus hauts sapins,et va s’abattre, lorsque le vent favorise leur vol, jusqu’à quelques milles dulieu natal. C’est à l’époque de ces émigrations que les Scolytes vont, par cou-ples, chercher dans les parties cariées des arbres fraîchement abattus ou ren-versés, et à défaut de ceux-ci, sur des arbres entièrement sains et debout, entreles plaques des écorces, une place où ils puissent se ronger un logement. Lors-que l’arbre est en pleine sève, la liqueur qui jaillit à la rencontre de cet In-secte à étuis le suffoque, et c’est par cette raison qu’il a soin de choisir lesarbres où la sève est figée. On peut l’entendre ronger, et la poudre de boisqu’il fait tomber le décèle. Une rainure en ligne droite est la première chosequ’on aperçoit, au bout de quelques jours, en dedans de l’écorce ; aux deux cô-tés de cette rainure, la femelle creuse des canaux latéraux, mais un peu endehors, en sorte que ces derniers n’entrent pas tout à fait dans le canal prin-cipal. C’est dans ces canaux latéraux que la mère pond ses soixante ou quatre-vingts œufs, chaque œuf séparément, dans une petite cavité arrondie, et le re-couvre avec de la poudre de bois. Ensuite les vieux, à moins que la mort ne lessurprenne dans le cours de leurs travaux, se percent une issue pour revenir aujour, et laissent le soin du reste aux larves, qui commencent bientôt leur tra-vail dévastateur, c’est-à-dire qu’au bout de quinze jours il sort des œufs, quisont de la grosseur d’une graine de Pavot, des larves en forme de vers, sur les-quelles la loupe distingue des anneaux fort renflés, des pattes terminées enpointe, et une couleur jaunâtre. C’est alors que ces larves, chacune partant desa niche, travaillent à construire des galeries qui vont en serpentant, et qui,par leur air de ressemblance avec les lettres de l’alphabet, véritablement assezdifliciles à déchiffrer, ont fait acquérir à l’Insecte le nom de Typographe. Ja-mais ces galeries ne se croisent, mais elles acquièrent plus de largeur à mesureque la larve prend de l’accroissement. La manière dont ces pionniers travail-lent sous l’écorce vaut bien la peine d’être considérée, et il n’échappera pasaux observateurs combien est remarquable, dans une aussi nombreuse familled’insectes à étuis, cet amour de la paix, partout si rare, qui ne permet à aucunde ses membres d’empiéter sur le terrain de l’autre, et les retient à travaillerchacun pour soi. La féconde mère reste jusqu’à sa sortie dans la galerie prin-cipale ; les larves occupent l’extrémité des galeries latérales serpentantes. Letout compose constamment une famille ; mais il arrive quelquefois aussi quedeux familles de ces Insectes s’approchent de si près, qu’elles se détruisentl’une l’autre. Au bout de ’ ss semaines, la larve se change en nymphe.Dans cet état, elle devient extrêmement sensible et délicate : une saison défa-