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Deuxieme partie.
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voruble eu détruit alurs des millions. C’esl aussi de la saison que dépend le plusou moins de temps que la nymphe met à passer de son état à celui d’insecleparfait. Si l'époque du développement tombe dans la saison la plus chaude del’année, la larve aura parcouru toutes ses phases dans l’espace de huit semai-nes; mais si la ponte des œufs ne s’est effectuée qu’en automne, cela peut du-rer autant de mois. Devenu Insecte parfait, le Scolyle dévore tout ce qui eslencore resté entre le bois et la partie dure de l'écorce extérieure, et ne laisseque ce qui n’est pas trop desséché ; finalement, il se perce une issue au jour.Lorsqu’on examine un morceau d’écorce ainsi rongé, l'on n’aperçoit déjà plusles galeries serpentantes, mais des cavités. S’il existe une très-grande quantitétle trous à l’extérieur de l’arbre, c’est une preuve que les larves, déjà métamor-phosées, dont souvent quatre-vingt mille habitent un seul arbre, l’ont aban-donné; mais lorsqu’on ne voit pas, toute proportion gardée, beaucoup de trous,c’est que les brigands ne font que d’y entrer pour commencer à exercer leursravages. On ne saurait imaginer, sans le plus grand étonnement, à quel pointcet être a la vie dure : qu’on abatte le bois dans l’écorce duquel il habile, qu'onle fasse flotter sur l’eau, qu'on le laisse sur la glace, dans la neige, on y trou-vera toujours notre Insecte sain et dispos.

« Les arbres dans la tendre écorce intérieure desquels ces larves font leursfouilles funestes, voient d’abord leurs feuilles en aiguilles se jaunir, et meurent,acommencer par le haut de la cime. Il est peu de grandes forêts de l’Allemagne qui n’aient éprouvé cette épidémie; et l’on trouve dans les anciennes liturgiesnotre Scolyte formellement mentionné sous sa dénomination vulgaire de Ver noir,ni plus ni moins que le Turc. Il existe déjà, sur des registres de l’année 1665.des rapports circonstanciés du mal affreux qu’il causait; et alors déjà l’on s’étailavisé du seul remède entièrement sûr à lui opposer : c’était d’abattre dans le prin-cipe tout arbre qui se trouvait attaqué, d’en enlever l’écorce, et de peler l’arbreradicalement. Au commencement du dix-huitième siècle, ce fléau se manifestapendant plusieurs années consécutives, dans les forêts du Ilartz. Il reparut en1737, redoubla de fureur en 1769, et alla toujours croissant jusqu’en 1777.Celte plaie parut vouloir cesser en 1778 et 1779; mais dans les années sui-vantes, après un été très-chaud et très-sec, elle ne lit que s’accroître davantage,et même de la manière la plus effrayante. Il se trouva dans le Clausthal seulplus de trois cent mille, et dans la contrée en général, plus d’un million detroncs d’arbres absolument séchés sur pied. Les habitants du Ilartz se virent parlà menacés d’une ruine entière, et l’ex ’ de leurs mines d’une suspen-

sion totale. Le mal était parvenu à son comble en 1783. On pouvait évaluer, auIlartz seul, le nombre des arbres atteints de celte maladie à un million et demi.Ce qu'on avait à se promettre pour l’avenir se présentait sous un aspect tou-jours plus effrayant. Ces masses de sapins, naguère si superbes et d'un vert sifoncé, n’offraient plus à la vue qu’un jaune sale, et portant l’empreinte de lamort. A mesure que s’accroissait le mal, s’augmentait aussi l’impossibilité d’yremédier. On vit en outre, à cette époque, nos Scolytes se rendre, par essaimspareils à des essaims d’abeilles, en Souabe et en Franconie . Enfin, depuis l’an-nee 178 1 jusqu'en 1789, grâce aux saisons froides et humides qui survinrent,ce terrible fléau diminua sensiblement. Avec l’année 1790, l'ancien ennemi