570
INSECTES COLÉOPTÈRES.
estoldong, avec la lête et le corselet plus étroits que l'abdomen, qui est grand.Tous les articles des tarses, à l'exception du quatrième, sont garnis en dessousde pelotes, et les cuisses de la troisième paire sont souvent très-renflées; de làle nom d 'Eupodes, signifiant belles pattes. Les antennes sont filiformes, ou vonten grossissant, et il existe toujours des ailes. Ils ont le corps allongé comme lesLongicornes , mais les yeux n’entourent jamais la base des antennes. Ces Insectesvivent sur les tiges et les feuilles de plusieurs arbustes et herbes terrestres ouaquatiques. Deux genres constituent la famille : les Sagres et les Criocères.
Les Sagres ont des mandibules terminées en pointe aiguë, la languette estprofondément échancrée ou bilobée, leurs cuisses postérieures sont énormé-ment renflées; tous sont exotiques et très-remarquables par leur couleur verte,ou dorée et cramoisie. — Le Sacre splendide ( Sagra purpurea, de Fabri-cius ) est une espèce de la Chine , dont le corps a huit ou dix lignes de longueur;il est d’un beau vert doré à reflets pourpres ; les cuisses postérieures sont mu-nies en dessous de trois dents, dont l’intermédiaire est forte et aiguë.
Les Crioccres se distinguent des Sagres par les mandibules tronquées à l’ex-tremité, ou offrant deux ou trois dents, et par la languette, qui est entière oupeu échancrée. — Le Criocèredu Lis est une charmante espèce, longue de troislignes, avec le corselet et les étuis d’un beau rouge ; le corselet est étranglé dechaque côté ; les étuis ont des points en foncés, disposés en lignes longitudinales.Cet Insecte se trouve dans toute l’Europe sur le Lis blanc. Quand on le prendentre ses doigts, il produit un petit cri semblable à celui que font entendre lesCapricornes ; ce bruit est produit par le frottement du prolongement postérieurde la tête ou du col contre les parois antérieures du corselet, dans lequel ceprolongement rentre, et d’où il sort à la volonté de l’animal. Les moeursdesa larvesont très-intéressantes ; rien n’est plus facile que de les étudier et de vérifier lesobservations de l’illustre Réaumur, que nous allons vous faire connaître. Lafemelle dépose ses œufs à la face inférieure des feuilles ; elle en pond huit oudix, qu’elle arrange près les uns des autres, et ils se collent sur la feuille aumoyen d’une liqueur visqueuse dont ils sont enduits. Dès que les larves sontécloses, et qu’elles peuvent faire usage de leurs pattes (ce qui arrive quinze joursaprès la ponte), elles se mettent en marche les unes à côté des autres, et ontla tête sur une même ligne; toutes mangent ensemble les premiers jours; leparenchyme de la fouille leur suffit, mais au bout de quelque temps elles se sé-parent, s’écartent les unes des autres, et alors elles entament les feuilles, dontelles mangent toute l’épaisseur. En mangeant, elles font de temps en temps unpas en arrière, parce qu'elles ne prennent point la portion de feuille qui setrouve devant elles, mais celle qui est sous leur corps.
Si l’Insecte parfait plaît à la vue par ses formes et ses couleurs, sa larve excitela répugnance par le hideux vêtement dont elle s’enveloppe : elle est courte, grosse,molle, et pourvue de six pattes. Au premier coup d’œil, on ne la distingue passur les feuilles; on aperçoit seulement de petits tas d’une matière humide, dela couleur et de la consistance des feuilles macérées et broyées ; cette matièreinforme recouvre une larve. Si vous regardez avec attention, vous apercevrez àl’un des bouts de la petite masse la tête de la larve qui est noire, et de chaquecôté, les trois paires de pattes, également noires, terminées par deux petits