FAMILLE DES CYCLIQUES. 571
crochets, au moyen desquels 1 Insecte se cramponne à la feuille. La Mature,ayant donné à ces larves une peau tendre que le soleil et même le vent pour-raient dessécher, leur a donné en même temps les moyens de s'abriter contreles injures de l'air, et cet abri leur est fourni par la substance même de leursexcréments, l’ar une disposition tout exceptionnelle des deux derniers anneauxde l’abdomen, les excréments, à leur sortie, remontent sur le corps de l'Insecte,puis sont poussés plus haut par ceux qui les suivent, et parviennent ainsi jus-qu a la tète. Ce mouvement progressif est favorisé par les contractions que l'ani-mal exécute avec sa peau, ainsi que par le pas rétrograde qu'il fait chaque foisqu’il entame une nouvelle portion de feuille ; il en résulte une espèce de toitqui le garantit de la sécheresse et conserve la souplesse desa peau. Cette matièren’est pas adhérente au corps de la larve; elle s’en débarrasse quand elle est tropvolumineuse ou trop dure, et il suflit d'un repas de trois heures pour fournir àl’animal de quoi la remplacer. Quinze jours après sa naissance, la larve a pristout son accroissement ; elleest alors moins sale, plus agile, et prend une couleurrougeâtre ; elle parcourt les feuilles avec une sorte d’inquiétude occasionnéepar l’approche du terme où elle doit changer de forme : bientôt elle descendde sa plante, s’enfonce en terre, s’y construit une coque dont les parois inté-rieures sont enduites d’un vernis brillant etargenté, et elle s’y enferme. Ce vernisn’est pas formé par la réunion de fils soyeux ; c’est une sorte de bave ou d’é-cume qui, en se durcissant, forme des feuillets tapissant l’intérieur de la coque,dont l’extérieur est composé de grains de terre; la couleur sombre de cescoques empêche de les remarquer; si on en ouvre une, on y voit la nymphe quia toutes les parties que doit avoir l’Insecte parfait. Quinze jours après sa mé-tamorphose, le Criocère perce sa coque, sort de terre et va se poser sur lesplantes.
Au genre des Criocères appartiennent les Doiiacus, qui se distinguent desCriocères proprement dits parleurs cuisses postérieures grandes et renflées,leurs antennes à articles allongés et partout de la même grosseur. Ces Insectesont des couleurs brillantes et métalliques, leurs yeux sont globuleux, leur abdo-men a une forme presque triangulaire; ils vivent sur les plantes aquatiquesauxquelles ils se tiennent fortement accrochés : telle est la I)ok a ci e du Nék u-fa n (Donacia nymphœœ, de Fabricius), qui est longue de quatre lignes, cui-vreuse ou d’un vert bronzé en dessus ; son corselet a deux tubercules latéraux,antérieurs, et un sillon dorsal terminé en arrière par un petit enfoncement ;ses élytres sont étroites, convexes, chargées de stries ponctuées et comme ridéesen travers ; les cuisses postérieures portent une dent. Ce bel Insecte vit en Eu-rope sur les feuilles du Nénufar et de l’Iris des marais.
Famille des Cycliqu es. —Chez les Coléoptères tétramères qui composentcette famille nombreuse en espèces, les tarses et les antennes sont conforméscomme chez les Eupodes. Mais le corps estpresque toujours arrondi (de là le nomde Cycliques), et la division extérieure des mâchoires, au lieu d’avoir la forme d’unlobe membraneux, a l’apparence d'un palpe. Ces Insectes sont de petite taille, etleur corps, ras et sans poils, est ordinairement orné des couleurs métalliques lesplus brillantes; ils sont pour la plupart lents et timides, et lorsqu’on veut lessaisir, ils replient leurs pattes fl leurs antennes, et se laissent tomber à terre.