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fatales apparitions sont le signal d'une destruction universelle : .a
et les feuilles d'arbres sont dévorées, l'écorce des arbres est attaquée, puis lesgreniers sont envahis, les récoltes sont consumées; enlin les Criquets, ne trou-vant plus rien, entrent dans les maisons, et mangent les babils, les bonnets,en un mot toutes les substances végétales qu’ils rencontrent. La Russie , laPologne, la Hongrie sont souvent visitées par ces terribles Insectes : en 1749,ils se répandirent dans presque toute l'Europe et y firent des ravages inouïs;ils allèrent jusqu’en Suède, et passèrent au-dessus de la mer Baltique . — En1615, ils parurent en France et ravagèrent plus de quinze mille arpents de blédans les environs d’Arles ; déjà ils avaient pénétré dans les greniers et lesgranges, lorsqu’il arriva des Oiseaux par myriades, qui en diminuèrent lenombre. Depuis ce temps, les communes d’Arles et de Marseille dépensentannuellement des sommes assez considérables pour la destruction des Saute-relles : l’année qui suivit l’invasion dont nous venons de parler, la ville d’Arles donna 25,000 francs pour encourager cette chasse utile; la ville de Marseille en fit autant. Aujourd'hui encore, dit M. Solier, on paye 5 sous de prime àceux qui apportent deux livres de ces Insectes, et 4 0 sous pour le même poidsd'œufs; la guerre d’extermination livrée aux Criquets commence en mai, ettoute la population des campagnes y est employée ; on rase le sol avec un granddrap de toile grossière dont les quatre coins sont tenus écartés horizontale-ment; les Insectes en fuyant sautent sur ce drap, et sont ensuite recueillis. Onramasse aussi leurs œufs, qui sont déposés dans des tubes creusés en terre ( etceci s’applique aux Sauterelles proprement dites, plutôt qu’aux Criquets). Unenfant exercé peut en recueillir douze à quatorze livres par jour, et chaquelivre contient environ huit cents œufs. — Enfin, parmi les moyens employéspar les habitants pour détruire ou chasser de leur pays ces animaux malfaisants,nous ne devons pas omettre celui qui consistait à se répandre en troupes dansles campagnes en sonnant de la trompette, ou même en tirant le canon.
Heureusement pour l’homme, ces animaux destructeurs ont un grand nombred’ennemis : les pluies froides, les vents violents, en font périr des millions enquelques instants ; ils se détruisent eux-mêmes entre eux ; les Cochons, lesRenards, les Lézards, et les Oiseaux, en consomment une immense quantité ;l’homme même mange des Criquets dans certains pays; les peuples du midi del’Europe, de la Barbarie, de l’Arabie et de presque toute l’Afrique s’en nour-rissent avec plaisir: ils les font griller, bouillir ou frire, et en amassent des pro-visions pour leur propre usage et pour le commerce; ils enlèvent les élylres etles ailes de l’animal, et conservent le reste dans de la saumure : c’est YAcridiuml'weoln ([lie l’on prépare ainsi dans le nord de l’Afrique. Les indigènes du Sé-négal en font sécher une autre espèce à corps jaune tacheté de noir, la rédui-sent en poudre, et l’emploient comme de la farine. Les Hottentots, en Afrique ,en font aussi un grand usage, et l'apparition de ces Insectes est une époqued’allégresse publique. Les anciens parlent des Éthiopiens Acridiphages, c’est-à-dire mangeurs de Sauterelles, qui ne vivaient que de celte nourriture. Ilscreusaient un trou dans la terre, et y entassaient des feuillages auxquels ilsmettaient le feu : la fumée, en montant, faisait tomber les nuées de Sauterellesqui passaient au-dessus. Mais cet aliment, dit-on, les rendait secs et maigres;ii. 50