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en plusieurs pour observer leurs mœurs, et laites en même temps provision desable pour en remplir les boîtes que doivent habiter vos prisonniers. Observcz-en un sur la main; vous verrez que le corps est grisâtre, c’est-à-dire de la cou-leur du terrain où vit l’animal ; mais cette couleur résulte de la combinaison dujaunâtre et du rougeâtre, qui en constituent le fond, avec du noir, qui y est distri-bué par taches; vous verrez, à l’aide de la plus faible loupe, ces taches noiresrangées par files; vous distinguerez, en outre, des poils courts, de la mêmecouleur, dispersés sur le corps, et d’autres plus longs qui forment des houppesdisposées par files comme les taches; avec une forte loupe, on peut voir, au-dessous de chaque houppe du premier rang ( excepté celles des deux premiersanneaux ), un tubercule hémisphérique qui semble écailleux, et (pie l’on regardecomme un stigmate servant à la respiration. Le corselet est court, mais il estséparé de la tête par un col qui peut s’allonger et se raccourcir considérable-ment, et exécuter des mouvements dans tous les sens ; l’abdomen se composed'anneaux à cordons saillants, doués d’une grande mobilité ; la tête est plate,et échancrée en cœur à son extrémité antérieure ; là devrait être la bouche, etcependant vous n’y trouverez aucune ouverture; mais l’animal, au lieu d’unebouche analogue à celle des autres Insectes, en a reçu deux qui sont placéesd’une façon toute particulière. D’auprès de chaque extrémité du devant de latête part une corne; ces cornes, qui sont les parties les plus remarquables del’Insecte, ont une ligne et demie de longueur, elles sont très-mobiles, et peuventrapidement s’éloigner les unes des autres, pour se rapprocher ensuite en secroisant; elles ressemblent aux mandibules du Lucane Cerf-volant, que nousvous avons fait connaître ; mais si, comme ces dernières, elles servent à saisiret à pincer, elles ont un autre lisage bien plus merveilleux : ce sont de véritablestrompes destinées à pomper le suc dont est rempli le corps de différents Insectes,et à le faire passer dans celui de notre larve.
Maintenant que vous connaissez l’organisation de l’animal, il s’agit d’étudiërses nueurs. l'Iacez-le donc sur votre fenêtre, dans une exposition semblable àcelle de son ancienne patrie ; que le sable où il se cache remplisse presque en-tièrement un large bol, ayant au moins trois à quatre pouces de profondeur;puis, observez ses allures. Vous le verrez d’abord tracer à reculons, sur le sable,un chemin presque en ligne droite, mais le plus souvent contourné en zigzag;ce chemin est une espèce de petit fossé, d’une à deux lignes de profondeur, etdont la largeur égale celle du corps de l'Insecte ; les pas qu’il fait ainsi à recu-lons sont marqués par autant de stries traversant le fossé qu’il a creusé ; ce n’estpas avec ses pieds qu’il a cheminé : l’extrémité mobile .de son abdomen, qu’ilrecourbe en bas, est l’agent qui attire son corps en arrière; vous pourrez vousen convaincre si vous avez le courage de couper les six pattes; l’animal mar-chera encore assez bien, quoique moins commodément qn’auparavant. Vous re-marquerez que, pendant qu’il marche, presque tout son corps est caché sous lesable ; souvent alors il ne montre que sa tête et son corselet ; et celle-ci, qui,après chaque pas, se trouve dans le lieu où était l’abdomen, se couvre elle-même de sable ; alors l’Insecte, qui ne veut pas qu’elle le soit, parce qu’il a be-soin de voir ce qui est autour de lui, relève brusquement en arrière sa têtelarge et aplatie, et .jette au loin le sable dont elle était chargée. Quand la