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Deuxieme partie.
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course rétrograde qu’il a faite est assez longue à son gré, il s'enfonce entière-ment sous le sable, pour prendre du repos et se préparer à la construction d'uncône creux, ou entonnoir, semblable à celui qui vous adécélé sa retraite.

Il s'agit, pour le mineur habile qui va travailler sous vos yeux, de pratiquerdans des matériaux menus, lisses et non cimentés, un cône renversé, assez so-lide pour se soutenir sur ses parois incohérentes, et assez mobile toutefois pours’ébouler au moindre mouvement qui se fera sur ses bords. Si la pente est tropinclinée, le cône s’éboulera de lui-même; si elle ne l'est pas assez, la proie des-tinée à rouler au fond du précipice pourra facilement échapper à l’ennemi quil’a creusé.

Pour donner à son entonnoir de justes proportions, il commencera par entracer l’enceinte; vous le verrez faire un fossé circulaire semblable au fossé enzigzag qu’il traçait tout à l'heure ; ce fossé aura un circuit plus ou moins consi-dérable, selon que l'animal voudra donner plus ou moins de diamètre à la basede son cône creux ; les très-jeunes animaux ne font (pie de petits entonnoirs,ils n’entreprennent que des ouvrages proportionnés à leurs forces, et ne cher-client pas à tendre un piège à de gros Insectes qu’ils ne pourraient y retenir:les plus petits trous n’ont, guère que deux lignes de diamètre à leur ouverture;les plus grands ont souvent plus de trois pouces. Dans tous les cas, vous re-marquerez que la profondeur des entonnoirs a environ les trois quarts du dia-mètre delà grande ouverture. Revenons à notre Insecte. Il a tracé le pourtourde la base du cône qu’il doit creuser; il faut maintenant qu’il enlève tout lesable qui remplit la capacité de ce cône : il se met donc en marche, toujours àreculons, et suit la circonférence intérieure de l’enceinte, connue s’il avait àtracer un second fossé, concentrique au premier. Dès qu'il a fait un pas, vousallez le voir s’arrêter pour charger sa tête de sable; puis la lever brusquement,et jeter ainsi le sable qui la couvrait par delà la circonférence de l’enceinte.

Mais n’allez pas croire que pour creuser ces fossés circulaires, l'animal em-ploie la manœuvre qui lui a servi à tracer le fossé en zigzag, prélude de ses tra-vaux : vous l'avez vu tout à l'heure, cherchant un terrain commode, marcherpresque couvert de sable, et faire sauter en l’air celui sous lequel sa tète setrouvait après chaque pas ; dans la circonstance actuelle, ce n’est pas directementen arrière (pie l'animal doit rejeter la tète, c’est surtout latéralement et du côtéextérieur de l’enceinte ; il faut en outre que le sable enlevé appartienne à lamasse enclose dans l’enceinte, et non an sable qui est au dehors. C’est pourcela que le Fourmi-Lion fait passer sur sa tête le sable qui est entre elle et lecentre de l’enceinte. Observez bien comment il s’v prend pour y parvenir :voyez-le, avec l'une des jambes de la première paire, celle qui est du côté del’intérieur, accumuler comme avec une main, sur sa tête, un petit tas desable du même côté ; les mouvements de cette ’ ’ e sont, si rapides, que la tête

a bientôt sa charge, dont elle se débarrasse en la lançant hors de l’enceinte : remar-quez que la tête est ainsi chargée deux ou trois fois de suite dans le même lieu, etque deux ou trois fois elle jette une pluie de sable. L’animal va faire ensuite unnouveau pas en arrière, puis s’arrêter et recommencer les mêmes mouvements.Après un certain nombre de pas, il se retrouvera presque au même lieu d'où il étaitparti; il a parcouru un cercle, il continue de marcher pour en parcourir un