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opposition au Formica-Leo, qui est le Lion îles Fourmis. Il y a celle différenceentre les deux espèces, que le Formica-Leo, marchant à reculons, 11 e peut pour-suivre sa proie, et l'attend au Fond du piège qu’il a dressé, tandis «pie les Ilémé-rohes peuvent marcher avec vitesse et vont à la chasse. Ils ont même une res-source pour la progression dans l’extrémité de leur abdomen, qui leur tient lieud'une septième ' , et se recourbe pour les pousser en avant.
C’eSt donc au bout de quinze jours que le Lion des Pucerons est en état de sepréparer à devenir nymphe. Il se retire alors de dessus les feuilles peuplées dePucerons, et va se loger dans les plis de quelque autre feuille ; là il file une coquesphérique d'une soie très-blanche, dans laquelle il se renferme; cette coque n'excèdeguère la grosseur d’un pois. C’est aussi à l'extrémité de l’abdomen que l’iléme-robe a sa libère; vous pourrez vous-même l’observer au moment où il ne fait<pie tracer les premiers contours de sa coque ; vous le verrez, roulé en boule,faisant mouvoir son abdomen avec une agilité merveilleuse; et, ce qui ne voussurprendra pas moins, c’est l’adresse avec laquelle il déplace son corps entier englissant sur l’enveloppe sphérique à peine ébauchée, sans déranger le peu de(ils qui la composent, et qui semblent à peine capables de se soutenir eux-mêmes.
Peu de temps après que la coque est terminée, la larve se transforme ennymphe; celle-ci reste dans son enveloppe environ trois semaines, quand lasaison est chaude ; mais si la coque n’a été filée qu’au mois de septembre, ellene sort qu'au printemps. 11 semble qu’elle sache que son éclosion à la fin del’automne serait un acte imprudent qui exposerait sa postérité à mourir defaim; elle se lient donc tranquille pendant six mois, et attend l’époque où lesPucerons, nourriture spéciale de ses petits, seront abondants.
Il y a une autre espèce d’IIemérobe, moins commune que l’Hémérobe perle,et de moitié plus petite, que l'on trouve aussi dans les jardins. C'est I'Uémé-robe aux veux o’or [ llemerobius chriisops, de Linné ;. Tout l’animal estjaune-verdâtre, tacheté de noir ; ses ailes ont des nervures entremêlées de ner-vures plus petites, noires et poilues. Sa larve est plus courte et plus ronde quecelle de l'espèce précédente; sa couleur est grisâtre, et elle n’a pas d’aigrette depoils sur les côtés. Si vous l'observez sur les feuilles où elle fait ses copieux re-pas de Pucerons, vous remarquerez que tout le dessus de son corps est couvertd une sorte de housse informe, sous laquelle l’animal se cache. Cette housse secompose d’une infinité de petits corps, très-légers, les uns blancs, les autresbruns ou noirâtres, amoncelés les uns sur les autres ; si vous cherchez à en dé-pouiller 1 animal, vous y parviendrez sans peine, car ce vêtement n’est assujettisur son corps que parce qu’il s'engrène dans les sillons qui séparent les an-neaux, et les rides qui se trouvent sur les anneaux mêmes. Lu examen plus at-tentif vous fera voir que ces petits corps ne sont autre chose que des peaux dePucerons, dont l'Hémérobe se fait un fourreau après en avoir sucé le contenu;sa proie lui sert donc en même temps d’aliment et d’habit. Quoique cet habitsoit informe et grossièrement tissé, sa construction demande pourtant quelqueadresse de la part de l’Insecte. Quand il a vide le Puceron qu’il tenait entreses mandibules, vous le voyez relever la tête brusquement, et faire sauter lapetite masse cotonneuse sur son corps; s’il ne l’a pas jetée à l’endroit où il vou-