Band 
Deuxieme partie.
Seite
437
JPEG-Download
 

FAMILLE DES Pl'PIVOliES.

•557

femelles les placent; elle esl plus écailleuse et d’une couleur plus claire queles deux autres pièces qui lui servent de fourreau. Quoique celte tarière res-semble à un aiguillon, et que l’Insecte pris en vos doigts essaye d'en faireusage pour vous piquer, vous n’avez point à en appréhender l’effet, car lesIclineuinons dont la tarière esl longue ne font pas de mal ; mais ceux qui l'ontplus courte parviennent quelquefois à percer la peau, et vous occasionneraientune douleur assez vive. Les deux filets latéraux sont creusés en gouttière inté-rieurement, et convexes à la partie extérieure. Le lilet du milieu, qui estl'oi'i-ducle, est lisse et arrondi dans la plus grande partie de sa longueur; mais prèsde l’extrémité il est aplati, et se termine par une pointe faite quelquefois en becde plume : c’est donc un instrument propre à percer.

La femelle, pressée de pondre, marche ou vole continuellement pour tâcherde découvrir les larves, les nymphes, les oeufs des Insectes, et même ceux desAraignées et des Pucerons, destinés à loger les siens ou à les nourrir lorsqu'ilsseront éclos. Elle montre dans ses recherches un instinct admirable qui luidévoile les retraites les mieux cachées; elle sait trouver les larves sous l’é-corce épaisse des arbres, et jusque dans l’intérieur du bois même; pour yplacer le germe de sa race, elle introduit adroitement dans les fentes ou dansles crevasses de l’écorce son oviducte, auquel elle donne une direction perpen-diculaire; il est entièrement dégagé des demi-fourreaux, qui sont parallèlesentre eux, et soutenus en l’air dans la ligne du corps.

L'Abeille maçonne, dont nous parlerons bientôt, cache ses œufs dans un en-duit qu’elle a maçonné elle-même. Dès qu'un Iclmeuinon a découvert un de cesnids, il se pose sur la paroi qui abrite les larves écloses; sa tarière ne sembled’abord être que d’une seule pièce, mais bientôt il la développe, la hausse,la baisse, la contourne dans différentes parties de sa longueur, et la fait passersous son ventre en dirigeant sa pointe en avant. Après cette première opéra-tion, elle applique la pointe de la tarière sur l’enduit du nid, fait alternative-ment des mouvements de gauche à droite et de droite à gauche, jusqu’à cequ’elle soit parvenue à faire un trou. Ce travail dure un quart d'heure.

Les Ichneuinons dont la tarière esl très-courte, peu ou point apparente,placent leurs œufs dans le corps ou sur la peau des larves des Chenilles, cldans les nymphes qui sont à découvert, ou très-accessibles; ils se posent surune larve ou sur une nymphe dont le corps, quelquefois beaucoup plus grandque le leur, est un terrain sur lequel ils peuvent se promener; ils marchentdessus, le parcourent, l’examinent, et reconnaissent bientôt l’endroit où ilconvient de le percer. Bientôt ils y font entrer leur tarière, et laissent ensuiteun œuf au fond de la petite plaie. Ils font ainsi quelquefois vingt ou trentepiqûres à la même Chenille, ou, ce qui revient au même, ils logent vingt outrente œufs dans son corps. Dans tous les cas, le nombre des œufs pondusest réglé à la fois sur la grandeur de la Chenille et sur la grandeur du Ver qui sortira de l’œuf. Les Crucifères nourrissent plusieurs espèces de Che-nilles , entre autres celle du Grand Papillon nu cnou (Pirtis brassicœ .Sa chenille, qui est fort belle, est très-souvent dévorée par les larves d’uneespèce d’Ichneuinon. Ces larves vivent en famille dans le corps de l’animaldestiné à les nourrir de sa propre substance jusqu’à leur parfait développe-