!38 INSECTES HYMÉNOPTÈRES.
ment; bientôt elles perceptdes deux côtés la peau de leur victime, et sans s’enéloigner, elles s’occupent de filer une coque. Toutes se rapprochent et conti-nuent à filer des brins de soie, qu'elles tirent de leur libère, placée à leur lèvreinférieure, comme chez les Chenilles. Ces lils, qu’elles croisent en différentssens, forment bientôt une petite masse cotonneuse, qui sert de loge à chaqueclique. Ces coques diffèrent peu de celles du Ver à soie pour le tissu et lacouleur.
Vous allez sans doute demander, en voyant un si grand nombre de larvessortir du corps d'une, seule Chenille, comment elles ont pu y vivre si longtempssans la faire mourir. Non-seulement elle ne meurt point, mais elle croît, pen-dant que des ennemis terribles la rongent intérieurement; cela vient de ce queles larves n’attaquent pas les organes essentiels de la vie; elles ne dévorent quela partie graisseuse, dont le volume est considérable, et dont la Chenille n’a faitprovision que pour les besoins de l’avenir, quand elle sera devenue nymphe. Ilarrive quelquefois que la Chenille périt assez promptement; c’est qu’alors lesIchneumons ont pris leur accroissement beaucoup plus tôt que la Chenille neprend le sien; mais dans tous les cas, la sortie de ces Ichneumons qui percentla peau de leur liôfc est le signal de sa mort.
Quelques naturalistes, trompés par l'apparence, avaient cru que ces larvesétaient les petits des Chenilles, et que les mères filaient la soie qui les couvre,pour les défendre et les garantir; mais Swammerdam , Leeuwenoeck et Yallis-niéri ont démontré que les larves qui sortent du corps des Chenilles doiventleur naissance à des Insectes semblables à eux.
Quelques espèces dlchneumons sont très-petites, et peuvent loger un deleurs œufs dans l'amf même d’un Insecte. La larve qui sortira de l’œuf d’Ich-ncumon trouve sous la coque de l’autre œuf ce qu'il lui faut d’aliments pourparvenir à un accroissement parfait et opérer toutes ses métamorphoses.C'est dans ce petit œuf qu’elle se change en nymphe, puis en Mouche, etperce avec ses dents la coque de l’œuf pour se tirer d’une prison qui avait étéauparavant pour elle nu logement commode et spacieux.— Yallisniéri avaitpensé, en voyant sortir une petite Mouche de l'œuf d’un Papillon, que lajeune larve de cette Mouche s’était introduite dans cet œuf; mais des obser-vateurs patients (et vous pouvez être du nombre) se sont assurés que l’œufmême d'où cette Mouche est sortie avait été logé par la Mouche mère.Pour vérifier le fait, il vous suffira d’observer avec suite plusieurs groupesd'œuls de Papillon récemment pondus. Yotre patience pourra d’abord êtremise à l'épreuve, mais il est ’ viendra un moment où vous verrez
une petite Mouche se poser et se fixer sur un des œufs; en prenant un peude précaution, vous pourrez l'examiner à la loupe, et vous remarquerezqu’elle courbe son ventre avec effort, pour faire pénétrer un aiguillon dansl’œuf; la petite Mouche, après ce premier succès, passera sur un autre œuf, etainsi successivement sur plusieurs, à chacun desquels elle confiera un des siens,lien fermez ensuite sous un verre tous les œufs sur lesquels la Mouche s’est ar-rêtée; vous remarquerez qu'ils brunissent de jour en jour; enfin, au bout dedeux ou trois semaines, vous verrez sortir de chacun une petite Mouche exac-tement semblable à celle qui les avait percés.