Band 
Deuxieme partie.
Seite
458
JPEG-Download
 

INSECTES 11 YM É NO I* TEK ES.

Ï08

sorte île fureur sur celle première rangée île cellules, el en rongent les paroissans toutefois loucher au fond, qui forme, avec le fond des cellules du côté op-posé, une cloison verticale. Elles ont également soin de ne pas attaquer simul-tanément les cellules des deux côtés du gâteau ; mais après avoir remplacé cequ’elles ont enlevé d’un côté par un mélange de cire et de propolis, elles pas-sent au côté opposé, où elles répètent la même operation. Quel est le ' _ "elles

se proposent d’atteindre par ce nouveau travail ? C’est évidemment de consoliderles rayons, dont la chute n’est pas à craindre tant qu’ils sont peu étendus et enpartie vides, mais qui, remplis de miel, se détacheraient infailliblement de lavoûte à laquelle ils sont suspendus. De semblables actes prennent une telle ap-parence de raison, qu'on serait presque tenté de les attribuer à une véritablecombinaison d'idées. 11 est bien entendu que, quand nous parlons de l’intelli-gence, des prévisions, de la science géométrique des Insectes, c’esL uniquementpour la commodité du langage, et que l’honneur de ces merveilles ne leur ap-partient pas plus que n'appartient la gloire de l 'architecte au maçon qui exécuteses plans.

Voyons maintenant comment Iluber s’y prit pour voir travailler ces habilesmaçons. — Il avait depuis longtemps reconnu que ses ruches vitrées, malgréles avantages qu’elles offrent à l'observateur, étaient insuffisantes, quand il s’a-gissait d’explorer la fabrication des alvéoles ; il était impossible à l’attenlion la plusassidue, à la sagacité la plus ingénieuse, de découvrir un travail toujours cachéaux yeux par un groupe d’Abeilles de plusieurs pouces d’épaisseur. C’est dansce massif, et au milieu des ténèbres, que les gâteaux se construisent : ilssont fixés, dès leur origine, à la voûte de la ruche, ils se prolongent plus oumoins vers la hase de celle-ci, selon l’époque de leur formation, et leur dia-mètre augmente en proportion de leur longueur. Iluber voulait trouver lemoyen d’éclairer la partie supérieure de la ruche, car c’était là que se faisait letravail qu’il désirait de connaître. Il prit en conséquence une cloche de verre( analogue à celles qui recouvrent les pendules) pour la substituer à une rucheordinaire ; mais il n’avait pas prévu qu’il serait impossible à ces Insectes de sesuspendre en grappe contre la voûte glissante du récipient. Quelques Abeillesparvinrent cependant à se cramponner au verre, mais elles ne purent jamaissupporter le poids de celles qui essayèrent de s’accrocher à leurs jambes.Huber, comprenant que les Abeilles manquaient de point d’appui pour commen-cer leur ouvrage, essaya de les satisfaire au moyen de quelques courbes de boisfort menu , qu’il lit mastiquer de distance en distance à la voûte de la cloche.Il espérait qu’elles travailleraient dans l’intervalle des supports, et que rien nel’empêcherait de suivre leurs manœuvres, mais elles ne consultèrent point sesconvenances, et bâtirent leurs cellules au-dessous même des'baguettes cein-trées qu’il leur avait accordées. Son expédient toutefois ne lui fut pas inutile,comme vous allez en juger.

On avait introduit dans la cloche un essaim composé de quelques milliersd’Abeilles ouvrières, d’une Reine féconde, et de plusieurs centaines de FauxBourdons . Les Abeilles montèrent aussitôt dans la partie la plus élevée de leurnouveau domicile ; les premières arrivées se suspendirent aux arcs de boisdont la voûte était garnie, et s’y cramponnèrent avec les ongles de leurs patles