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le travail, et tous travaillent. 11 n’y a point parmi eux, comme parmi les Abeilles,des .Mouches qui aient la prérogative île ne rien faire, île passer leur vie dansl'oisiveté. » Du reste, la mousse qu'ils emploient à la construction île leur nidne vient pas de loin, et ils ne la transportent jamais en volant, comme les Oi-seaux le font dans les mêmes circonstances; c’est toujours aux environs d'unlieu garni de mousse que les Bourdons s’établissent, et leur moyen de trans-port est fort amusant à observer. Ils commencent par couper une certainequantité de mousse avec leurs mandibules; ils en forment de petits tas; en-suite, tournant le dos à leur nid, ils prennent ce tas de mousse, et le font|iasser par-dessous leur tête à la première paire de pattes, laquelle le conduità la dernière paire, laquelle, à son tour, le pousse au delà du corps. Quand cettemanœuvre a été répétée un grand nombre de fois, il s’est formé un petit tas demousse assez considérable, que le Bourdon a poussé derrière lui autant que sespattes postérieures pouvaient, s’étendre ; puis l’Insecte recule et va se placer enarrière de son tas de mousse, toujours en tournant le dos à son nid ; là il répètela manœuvre précédente, et le tas est conduit un peu plus loin ; c’est ainsi quele Bourdon fait parvenir à son habitation les matériaux qui doivent l’abritev.Quelquefois plusieurs Bourdons se placenta la file les uns des autres, formentla chaîne et se passent de l'un à l'autre les petits tas de mousse. Quand ils ontachevé leur nid, ils enduisent toute la surface intérieure d’une légère couchede cire brute, impénétrable à l’eau, qui a environ le double de l’épaisseur d’unefeuille de papier, et qui contribue à la solidité de l’édilice, en liant ensembleles brins de mousse dont le toit est composé.
Les autres espèces du grand genre Abeille sont solitaires; on n’y observe plusces précieuses Ouvrières dont les travaux étaient le soutien de la société : la fe-melle pourvoit seule à la conservation de sa progéniture ; les pattes de la troi-sième paire n’ont ni le duvet soyeux, ou brosse, qui garnit la face interne du pre-mier article du tarse, chez les Abeilles sociales, ni la corbeille que vous avezobservée à la face externe de la jambe de ces dernières. Nous vous citerons lesespèces dont les mœurs ont été le mieux observées par les naturalistes.
La Xylocope vioi.ette [Ajàs violacea, de Linné),(pie l’on nomme aussiAbeille perre-bois, ou Abeille mennisiere , habite toute l’Europe, et vous l’avez,plus d'une fois rencontrée dans vos promenades : elle est longue de près d’unpouce, noire, avec les ailes d’un violet foncé ; le bout des antennes du mâleoffre un anneau roussâtre. Cette Xylocope commence à paraître dès les premier.'jours du printemps. Elle vole en bourdonnant le long des murs exposés au soleilet garnis de treillage, autour des fenêtres qui ont de vieux contrevents, et despoutres qui saillent en dehors des bâtiments, pour y établir son nid, car c’esttoujours dans le vieux bois qu’elle le fait : elle le préfère quand il est sec etpourri, parce qu’il est alors plus facile à percer. C’est avec ses mandibules qu’ellel’entame : elle y fait d’abord un trou qu'elle dirige obliquement vers l’axe, aquelques lignes de profondeur; ensuite elle change la direction de ce trou pourlui en donner une à peu près parallèle à cet axe, de sorte que le bois est perceen flûte obliquement et quelquefois d’un bout à l’autre. La cavité est si spa-cieuse, que Réaumur dit y avoir introduit son index : cela ne doit pas étonnerpuisqu’il faut que l’Insecte puisse se retourner dedans. Il y a de ces Irons qui