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couvertes, il faut employer au moins deux lits de feuilles, ce qui rendrait lesrecouvrements trop épais, si les feuilles n’étaient pas très-minces. »
L’Antiiidte a cinq crochets (Apis manicaia, de Linné) exerce une in-dustrie différente; ce n’est plus une menuisière, une coupeuse de feuilles, unetapissière, c’est unecardense de coton. Elle est grosse comme l’Abeille desruches, mais plus plate et un peu plus large ; son dos est d’un brun foncé ; sonventre est couvert de poils jaunâtres formant des bandes transversales inter-rompues sur leur milieu; le sixième anneau est prolongé de chaque côté en uncrochet, et le septième ou dernier offre trois pointes coniques à son extrémité.Cette espèce, commune aux environs de Paris , est très-facile à observer : vousprendrez plaisir à voir avec quelle adresse elle enlève et carde tout le duvet quicouvre les feuilles du Cognassier , du Slachys laineux, du Lychnis coque lourde,et de tous les végétaux cotonneux : un rasoir ne ferait pas mieux. C’est ce cotonque l’Insecte , volant de haut en bas, fauche, amasse, emporte, et qui garnittout l’intérieur de chaque cellule : cette cellule, à parois polies creusées dans duplâtre, et régulière dans ses dimensions, offre aux larves un abri assuré et unecouche commode.
11 nous reste maintenant à connaître les Abeilles Maçonnes. — La Méga-ciiiiæ des murailles (Apis inuraria, de Fabricius) est une grande espècequi a huit lignes de long sur deux lignes et demie de large. La femelle est toutenoire, les ailes sont d’un noir violet, les tarses sont bruns en dessous. Le mâleest noir, tout couvert de poils fauves, avec les derniers anneaux de l'abdomennoirs et des poils blanchâtres sur le front. Vous avez souvent remarqué contreles murs, sans y faire attention, des plaques irrégulières de six pouces d’éten-due, semblables à de la boue ; vous les avez attribuées soit à des éclaboussuresproduites par les roues de charrettes ou par les pieds de Chevaux, soit à la né-gligence des maçons. Mais si vous avez observé attentivement la hauteur dequelques-unes d'entre elles, l’exposition des murailles qui les présentent, vousaurez fini par soupçonner que ces masses ne sont pas l’ouvrage du hasard. Eneffet, il n’y en a jamais que contre les murailles exposées au midi ou recevantchaque jour le soleil pendant plusieurs heures. Si, pour satisfaire votre curio-sité, vous voulez explorer le contenu de ces petites masses, vous verrez que cesont des nids dans lesquels des œufs ont été déposés pour recevoir du soleill’action vivifiante qui doit les faire éclore. Ces nids sont construits par l'Abeilledes murailles avec une matière qui acquiert la dureté de la pierre; ce n’est qu’a-vec des instruments de fer qu’on peut les briser ; aussi les Maçonnes se gardent-elles bien de les attacher sur des murs enduits de quelque crépi, l’appui de labase serait alors moins solide que le corps du bâtiment : c’est toujours contreles pierres mêmes que les nids sont attachés, et non contre la terre qui lescimente.
Après qu’une Abeille maçonne a reconnu sur un mur un terrain propre aubâtiment qu’elle inédite, elle va chercher les matériaux convenables; c’est àelle à les préparer, à les transporter, à les mettre en œuvre. Le nid qu’elle veutconstruire doit être fait d’un mortier à base de sable; avec ses dents, aussifortes et plus grandes que celles de l'Abeille domestique, elle tâte plusieursgrains les uns après les autres; mais ce n’est pas un à un qu’elle les emporte ,h. fi5