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fond nno pàtoo composée de jiollen de Coquelicot mêlé avec un peu do miel, et ypond un œuf: ensuite elle replie en dedans l’extrémité supérieure de la tapis-serie pour fermer son nid, et le recouvre de terre si elle n'en veut construirequ'un; mais souvent elle en élève un second et même un troisième sur lepremier.
Comment expliquer la prédilection qui porte cette Abeille à préférer la fleurdu Coquelicot aux pétales de toutes les autres plantes? Voici comment l'Anglais John Rem ne, d’une part, et le Français Rêaumitr, de l'autre, se rendent comptede cette préférence.
« L’utilité personnelle, le soin delà famille, la nécessité de protéger les oeufscontre les attaques des Insectes déprédateurs, expliqueraient jusqu’à un certainpoint les chefs-d’œuvre d'industrie que nous offre l'architecture des diversesespèces d’Abeilles ; mais quel motif, quelle, cause finale assigner au goût, ausoin, à l’art avec lesquels VOsmia Papnvens non-seulement construit sa cellule,mais l'embellit de draperies éclatantes? Pourquoi, au mépris de toutes les au-tres fleurs, emploie-t-elle exclusivement les pétales du Pavot rouge? La beautéde la couleur écarlate la séduit-elle? Un instinct poétique se mêle-t-il à son in-stinct de conservation ? Ne nous bâtons pas de résoudre négativement ces ques-tions! Si certains sons musicaux affectent désagréablement l'ouïe du Chien, sile bruit du clairon anime le Cheval, si le Serpent à sonnettes lui-même est sen-sible aux sons de la flûte, pourquoi un Insecte ne ressentirait-il pas une jouis-sance en arrêtant ses regards sur telle ou telle couleur? Certes, si les Insectesne travaillaient que pour leurs besoins, ils pourraient se dispenser d'acheveraussi curieusement leur œuvre : la larve naîtrait et se développerait très-biendans une cellule moins régulièrement construite ; les alvéoles géométriques del’Abeille domestique ne sont pas absolument nécessaires à la prospérité de larépublique : c’est ainsi que dans la nature, au delà de l’utile et du nécessaire,vous trouverez Part, le beau, le pittoresque, l'élément poétique. »
C’est un artiste qui vient de parler , écoulons maintenant le naturaliste ; ilsera moins brillant, il plaira moins peut-être aux personnes qui ne jugent quepar sentiment, mais il satisfera sans aucun doute tous les esprits sérieux pourlesquels rien n’est beau que le vrai.
« Ce n’est pas apparemment, dit Iléaumur, parce (pie nos tapissières sonttouchées de la beauté du rouge éclatant des fleurs de Coquelicot , quelles les em-ploient, par préférence aux fleurs de tant de plantes que la campagne met àleur disposition. Leur choix paraît fondé sur une raison plus solide. Il leur se-rait difficile de trouver des pétales de quelques autres fleurs, aussi grands,aussi minces, aussi flexibles, aussi extensibles, et par conséquent aussi aisés àappliquer parfaitement contre les parois du trou. Chaque morceau de fleur deCoquelicot ne donne pourtant pas aux parois de terre une tapisserie assezépaisse au gré de la Mouche. J’ai enlevé jusqu’à quatre couches de feuilles dedessus le fond, et n’ai jamais trouvé moins de deux couches ajustées sur lesparois cylindriques. Or, une feuille qui aurait l'épaisseur de deux et même dequatre pétales de pavot, ne serait pas difficile à trouver pour notre Abeille, maiselle ne ré ’ ' pas à scs vues : ces feuilles épaisses n’auraient pas une flexi-
bilité pareille à celle des autres. D’ailleurs, comme les jointures doivent être