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Deuxieme partie.
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SOi

1 N SECT ES II YMÉNOPT ÈUES.

commence par percer le liane du Ver le plus voisin; peu à peu elle mange, etquand il ne reste plus que la peau et la tête écailleuse, c’est-à-dire presquerien, la larve tire ces débris, les fait descendre sur le fond de sa cellule, eltraite successivement les autres Vers comme le premier. Pendant les douzejours que la jeune Guêpe passe à l’état de larve, tout ce qu'elle a à faire, c’estde manger. Bientôt elle se file une coque soyeuse, adhérente au sable et de cou-leur brune; elle y reste onze mois, devient nymphe au bout du sixième mois,et Insecte parfait au mois de mai ; alors elle ouvre son fourreau, et perce sa cel-lule.

Notez bien (car il faut tenir compte des moindres particularités dans cettemerveilleuse histoire), notez que les Vers entassés dans le trou de la larve sontdisposés à se rouler en anneaux, ce qui facilite leur arrangement. Mais cellemême disposition va contrarier la Mère-Guêpe quand il s’agira de les intro-duire, sans les blesser, par 1 étroit tuyau qui sert d’entrée à la caverne. Si vousobservez attentivement une Guêpe entrant dans son trou avec sa proie, vousremarquerez qu’elle tient entre ses mandibules la tète écailleuse du Ver, et queses jambes rapprochées obligent celui-ci à rester étendu tout le long du corse-let et de l’abdomen de la Guêpe; le Ver, allongé et assujetti de la sorte, n’aug-mente pas le volume de son ravisseur, qui enfile le tuyau avec autant de faci-lité que s’il ne portait rien du tout.

Il y a des Guêpes Maçonnes qui, au lieu de Vers, entassent dans la cellule deleurs petits des Chenilles, des Araignées et des Mouches vivantes. John Hennie,ce naturaliste anglais que nous opposions tout à l'heure à Réaumur au sujetde l'Abeille tapissière, raconte qu’il vit un jour une Udipière s’occuper très-ac-tivement à creuser un trou dans les vieilles briques d’un mur; le trou, déjàfort avancé, était à cinq pieds du sol. Au moyen de ses mandibules, tranchanteset armées d’une scie aiguë, la Guêpe enlevait un petit morceau de brique, grosà peu près comme un grain de millet, el au lieu de le laisser retomber à terreou de le lancer au loin, elle emportait ce fragment de décombres, faisait plu-sieurs tours, et ne se débarrassait de son trophée qu’à une certaine distance, eltoujours dans des directions différentes. Hélait évident que celte Guêpe vou-lait dissimuler son travail ; car un de ces fragments s ciant détaché par hasard,elle le chercha, le trouva au pied du mur, et l’emporta au loin. En deux jours,l’excavation fut achevée. Il fallut deux autres jours pour enduire d’argile l’in-térieur du nid, qui avait la forme d'une bouteille à goulot recourbé. L’Insectey déposa deux «tufs, y renferma plusieurs Chenilles et quelques Araignéesvivantes, provision destinée à ses deux petits quand ils viendraient à naître;puis il boucha l’ouverture au moyen d’une couche d’argile deux fois plusépaisse que celle dont il avait fait usage pour tapisser l'intérieur. « Au mois denovembre, dit Rennie, nous détachâmes la ’ e, dont les habitants nous ap-parurent commodément enfermés dans la bouteille construite el cimentée parleur mère. C’étaient deux cocons de forme semblable, mais de nature biendilférente, comme on va le voir : malgré toutes les précautions de l’Insecte , unhôte parasite avait découvert cette retraite mystérieuse, el profité d’un mo-ment où la Guêpe était absente ; une Mouche à deux ailes, le Tachina larvarutti,ou Mouche coucou, s’était furtivement introduite dans le domicile de la Guêpe,