I- AM I U.K DUS 1)1 P LO P T EUE S.
Mais, direz-vous, pourquoi se donner la peine de former un tuyau avec tantde régularité? 11 valait tout autant laisser le sable amoncelé près du bord dela cavité; elle l’eût repris ensuite tout aussi facilement. Vous répondrez vous-même à votre question quand vous l'aurez vue travailler; vous comprendrezalors qu’il ne lui est pas plus difficile de disposer symétriquement ce las depetits moellons, que de les jeter sans ordre en dehors. En outre, quand il s’a-gira de combler ce trou, il résultera pour elle de la disposition régulière despetits moellons, une économie de mouvements qui doit compter pour quelquechose dans l’ensemble de ses opérations.
Mais ce tuyau a peut-être une double utilité : pendant que la Guêpe est encourse, un autre Insecte, un Iclineumon, une Mouche à deux ailes, peut s’in-troduire dans le nid et y déposer son œuf auprès de celui du propriétaire. Cesennemis sont continuellement à l’affût pour guetter de semblables occasions.Une cavité ouverte au niveau du sol est d’un accès facile ; mais quand il faut,pour s’y introduire, traverser un long tube dans lequel, vu sa courbure, la lu-mière ne pénètre pas, le parasite, malgré l’instinct qui le pousse, hésite à s’yaventurer. Il lui arrive quelquefois d’y pénétrer, croyant la mère absente ;mais celle-ci s’élance du fond de son trou, et force bientôt l'usurpateur à pren-dre la fuite. (Vous verrez cependant tout à l’heure que toutes ces précautionspeuvent devenir inutiles.) Quand le trou est terminé, et avant de le boucher, lafemelle y dépose son œuf, et accumule près de lui la pâture destinée à nourrirles Vers qui en sortiront. Mais cette pâture ne consiste pas en pollen pétri demiel, comme vous l’avez vu pour les Abeilles : le Ver de la Guêpe Maçonne estcarnassier, il lui faut donc une nourriture animale. Si vous tenez à savoirquelle est cette nourriture, vous n’avez qu’à dégrader les couches de sable oûvous avez vu creuser et ensuite sceller des trous, l'our démolir le sable sansdéranger la forme des cavités que vous voulez explorer, employez le mêmeexpédient que la Guêpe : mouillez le sable, il vous sera aisé d’en emporter avecun couteau des tranches aussi minces que vous le voudrez, et bientôt vous réus-sirez à ouvrir le tuyau dans toute sa longueur, sans rien déplacer de son con-tenu. La cavité réservée a ordinairement sept à huit lignes de hauteur; si ellen’est close que depuis deux à trois jours, vous la trouverez occupée par desanneaux verts mis les uns au-dessus des autres; il y en a le plus souvent dixà douze. Ges anneaux sont vivants; chacun d’eux est un Ver roulé et appliquépar le dos contre les parois du trou. Ces Vers, ainsi superposés par lits, etmême pressés les uns contre les autres, n’ont plus la liberté de se mouvoir.La Mère-Guêpe, sachant que son petit ne doit se nourrir que de chair, et dechair vivante, lui en a fait au-dessus de lui une provision suffisante pour four-nir à son accroissement complet; elle a rempli la caverne dans laquelle il vanaître, d’animaux sans défense qu’il n’aura qu’à dévorer les uns après lesautres, quoique leur grandeur surpasse prodigieusement celle qu’il aura aumoment de sa naissance ; il pourra manger à son aise celui qu il trouverale plus près de ses mandibules, sans avoir rien à en craindre, sans mêmeêtre incommodé par ses mouvements; il en sera ainsi des autres, parce quela Guêpe les a tous posés et assujettis de façon qu’ils ne sauraient se mou-voir. C’est ce qui arrive en effet: la larve de la Guêpe, nee au fond du Irou ,