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couleur sous les yeux. Sou corselet est noir, avec une raie jaune transversale àsa base, et une semblable à sa pointe ; les pattes sont jaunes ; tous les anneauxdu ventre sont noirs en haut, et bordés de jaune en bas,- le noir du haut em-piète sur le jaune au milieu du dessus de l'anneau, el forme, en cet endroit,une avance triangulaire.— Cet Insecte est un des ennemis les plus dangereux del’Abeille domestique; les femelles creusent, dans les terrains légers el en penteexposés au soleil, une galerie presque horizontale d’un pied de profondeur;quand leur nid est achevé, elles vont sur les fleurs, saisissent une Abeille, latuent en la perçant avec leur aiguillon à la jonction du corselet avec la tête ouavec l’abdomen, et la portent au fond de leur trou. Comme chaque femellepond au moins six œufs, il s’ensuit qu’elle sacrifie six Abeilles. Lalreille acompté, dans une étendue de terrain de cent vingt pieds de longueur, cin-quante à soixante femelles occupées à faire leur nid, qui ont dû faire périrenviron trois cents Abeilles. 11 a calculé que, sur une surface de deux lieuescarrées, où il y aurait une cinquantaine d’endroits infestés par les Pbilanthesfemelles, celles-ci y détruiraient quinze mille Abeilles.
Il y a des Sphex exotiques auxquels leur couleur jaune-verdâtre a fait don-ner le nom de Chlorions. Tel est le Chloiiion compkimé (Spliex compressa,de Fabricius), qui est d’un beau vert, avec les quatre cuisses postérieures rou-ges. Cet Insecte est très-commun à l’île de France ; il vole avec rapidité, entredans les maisons, et pénètre dans les replis des rideaux des fenêtres ; lorsqu’ily est posé, on peut le prendre, mais il faut se garnir la main pour éviter sonaiguillon, qui est plus long que celui de tous les autres Hyménoptères, et causedes blessures bien plus douloureuses que celles des plus grosses Guêpes. Dansles bois et les pays découverts de l’île de France , on ne trouve point d’Abeillesdomestiques, au lieu qu’on en trouve en quantité dans les bois de l’île Bourbon .On attribue la cause de la rareté des Abeilles, dans l’ile de France , à ce queles Chlorions y sont beaucoup plus communs qu’à l’île Bourbon . Les Chlorionsne mangent pas seulement des Abeilles, ils font aussi la guerre aux Blattes .Cossigny, qui a communiqué à Réaumur l'histoire de ces Hyménoptères, a vuun combat entre un Chlorion et une Blatte Kakerlac. «Quand la Mouche, ditcet observateur, aperçoit une Kakerlac, elle s’arrête un instant, pendant lequelles deux Insectes semblent se regarder. Mais, sans tarder davantage, le Sphexs’élance sur la Kakerlac, dont il saisit le bout de la tête avec ses dents. Ilse replie ensuite sous son ventre, pour la percer de son aiguillon. Dès qu’il estsûr de l’avoir fait pénétrer dans le corps de son ennemie, et d’y avoir répanduun poison fatal, il l’abandonne, s’en éloigne, et revient s’en emparer lorsquecelle-ci a perdu ses forces. Alors il la saisit par la tôle, et la traîne, en mar-chant à reculons, jusqu’à ce qu’il l’ait conduite à un trou de mur, dans lequelil se propose de la faire entrer. Quand la route est trop longue pour être par-courue d’une traite, le Sphex, pour prendre haleine, laisse son fardeau, vafaire quelques tours, et revient ensuite prendre sa proie. C’est ainsi, et à di-verses reprises, qu’il la conduit au terme. Quand l’Insecte vaincu est trop grospour entrer dans le trou, le vainqueur coupe les élytres, les ailes et même lespattes de sa victime; puis, à force de persévérance, il entraîne jusqu’au fondde sa retraite ce corps mutilé, qu’il destine à la nourriture de ses petits.
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