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Deuxieme partie.
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Éludions maintenant l'architecture variée des diverses espèces de Fourmis i|ue nous venons de décrire : c’est Pierre Iluber qui nous a fourni les observa-lions que nous allons vous transmettre. Il vous est arrivé bien souvent de ren-contrer dans un bois ou le long d’une baie le monticule élevé par la Fourmifauve; cette construction, qui, au premier coup d’œil, vous aura paru un amasde matériaux confusément épars, est cependant, par sa simplicité et son orga-nisation, une invention ingénieuse pour éloigner les eaux de la fonnmlibre, pourla défendre des injures de l’air, des attaques de ses ennemis, et pour ménagerla chaleur du soleil, ou la conserver dans l'intérieur du nid. L’assemblage desdivers éléments dont il est composé présente toujours l’aspect d’un dôme ar-rondi, dont la base, souvent couverte de terre et de petits cailloux, forme unezone, au-dessus de laquelle s’élève, en pain de sucre, la charpente ligneuse dubâtiment. Mais ce n’est là que la couverture extérieure de la fourmilière ; la por-tion la plus considérable en est cachée à nos yeux, el s’étend dans la terre à uneprofondeur plus ou moins grande. Des avenues, ménagées soigneusement, entonne d’entonnoirs irréguliers, conduisent, du faîte de la fourmilière, dansI intérieur; leur nombre dépend de sa population el de son étendue; l’ouver-ture en est plus ou moins large; on en trouve quelquefois une principale ausommet; souvent il y en a plusieurs à peu près égales, autour desquelles beau-coup de passages plus étroits sont placés presque dans un ordre symétrique,circulairement, et jusqu'à la base du monticule. Ces portes étaient nécessairespour laisser une libre issue à la multitude d’Ouvrières dont se compose lanation des Fourmis fauves. Non-seulement leurs travaux les appellent conti-nuellement au dehors, mais, bien différente des autres espèces, qui se tiennentvolontiers dans leur nid et à l’abri du soleil, celle-ci semble, au contraire,préférer de vivre en plein air, el ne pas craindre de faire, en présence des ob-servateurs, la plupart de ses opérations.

Les Fourmis fauves, établies eu foule pendant le jour sur leur nid, ne crai-gnent pas d’être inquiétées au dedans; mais le soir, lorsque, retirées dans lefond de leur habitation, elles ne peuvent s’apercevoir de ce qui se passe au de-hors, comment sont-elles à l’abri des accidents dont elles sont menacées? Com-ment la plnie ne pénèlre-l-elle pas dans cette demeure, ouverte de toutes parts ?

Si vous observez pendant quelque temps l’un de ces nids, l’agitation quirègne à la surface, le mouvement, de ces milliers d'insectes occupés à charrierdes matériaux dans un sens et dans un autre, ne vous offrira d’abord d’autreimage que celle de la confusion ; mais vous ne tarderez pas à vous apercevoirque l’aspect de ces fourmilières change d’une heure à l’autre, et que le dia-mètre de ces avenues spacieuses, où tant de Fourmis peuvent se rencontrer àla fois au milieu du jour, diminue graduellement jusqu’à la nuit. Leur ouver-ture disparaît enfin, le dôme se trouve fermé de toutes parts, et les Fourmissont retirées au fond de leur demeure. Cette première observation, en diri-geant vos regards sur les portes de ces fourmilières, va éclaircir vos idées surle travail de leurs habitants. Vous verrez clairement que les Fourmis étaientoccupées à fermer leurs passages : elles Ont apporté d’abord pour cela de pe-tites poutres aupiës des galeries dont elles voulaient diminuer l’entrée; ellesles ont placées au-dessus de l’ouverture, et enfoncées même quelquefois dans